Archive pour la catégorie ‘musique’
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Ecole de musique IREM
Mission de découverte à l’école de musique IREM
Sommaire
Introduction
I- Présentation de l’IREM
A) Histoire de l’IREM
B) L’Association
II- Présentation de l’administration de l’IREM
A) Le directeur
B) Le directeur administratif
C) Le chargé de communication
III – Conclusion et Analyse du stage
Introduction
Durant le second semestre de l’IUT technique de Commercialisation de Bordeaux, nous devons réaliser un stage découverte pendant trois semaines, dont le but est de découvrir le monde de l’entreprise et d’observer un métier au sein de cette entreprise.
Étant passionné et amateur de musique, je voulais faire un stage dans une entreprise qui s’en rapprochait le plus possible. De plus, mon projet professionnel qui est de travailler dans l’industrie de la musique, réaliser un stage dans ce milieu serait une bonne amorce, et aussi un bon moyen d’avoir un aperçu sur ce dernier. J’ai donc prospecté auprès de nombreux labels, de boîtes de production, et d’événementiel, sans aucune réponse positive, car aucune des ces entreprises ne prenaient de stagiaires pour une durée si courte. En général, elles prenaient des stagiaires pour une durée minimum de 3 voire 6 mois.
J’ai donc pensé à l’école de musique L’IREM à Bordeaux, chez qui j’avais enregistré un E.P (petit album de 3 ou 4 titres) avec mon groupe un an auparavant. J’ai donc contacté Jean-Marie Bertolo, un des sous responsables studio, qui était chargé de nous enregistrer et de nous mixer à l’époque. Le stage m’intéressait d’autant plus qu’il s’agissait d’une petite structure, car je savais que je pourrais observer un peu tous les métiers de l’école. Par ailleurs, je savais que j’allais être au cœur même d’un lieu de création au sens artistique, ce qui pour moi était la cerise sur le gâteau
suite à cet appel, j’ai obtenu un rendez-vous avec le directeur. L’entretien a duré une quinzaine de minutes durant laquelle j’ai dû exposer mes motivations et mon parcours à ce jour. Ayant eu la réponse une semaine plus tard, je suis retourné à l’école pour signer ma convention de stage. Mon maître de stage fut le directeur Cyril Béros. Mon stage consistait à observer l’administration de l’école, ainsi que son fonctionnement global. Le stage n’était pas payé. Je venais tous les jours du lundi au vendredi, de 9 h à 16 h. Aucune mission n’a été définie avant. Cependant, on me les donnait sur le moment.
J’ai passé la plupart de mon temps dans le bureau de l’administration. Cependant je pouvais aller et venir dans les différentes salles de l’établissement, pour assister de temps en temps à des cours et ainsi observer l’IREM sous tous ses angles.
I) Présentation de l’entreprise
Histoire
L’Institut Régional d’Expression Musical, plus communément appelée IREM, est une école de musique située dans le centre-ville de Bordeaux. Elle a été fondée en 1992 par Franck DIJEAU, qui à l’époque était directeur de la salle de concert le Son Art. Conférencier sur l’histoire du Jazz, et Président du festival pluriculturel « Culture Comptoir » à Bordeaux, il fut Directeur de stage de jazz au festival des « 24 h du swing » de Monségur de 2001 à 2006. Professeur de musique complet il enseigne le piano, le synthétiseur, les arrangements, et l’informatique musicale.
Depuis 2007, le nouveau directeur est Cyril Béros, qui était lui même professeur à l’IREM sous M.DIJEAU. Il reprit cette école avec Delphine Douat, une collaboratrice avec laquelle, quelques années auparavant, ils avaient mené un projet de création de radio. Ce projet ayant échoué, ils reprirent la direction de l’IREM.
L’association
L’IREM est avant tout une association. Les « clients » de l’école sont donc des adhérents. Elle possède une formation professionnelle préparant au certificat de Musicien Interprète des Musiques Actuelles délivré par la Fédération Nationale des Ecoles d’Influences Jazz et Musiques Actuelles (FNEIJMA). Ce diplôme est inscrit au RNCP au niveau IV, c’est-à-dire qu’il correspond à un niveau BAC pro. L’élève voulant se présenter à ce diplôme devra suivre un cursus de 3 ans pendant lesquels il suivra des cours théoriques (environ 10h/semaine) et des cours pratiques (environ 15h/semaine).
Tous les matins ont lieu les cours de formations professionnelles. Les après-midi étant consacrés aux sections amateurs ou dites de loisir. Mais à cause du manque de locaux, les élèves en section professionnelle vont au Centre Communal de Cenon (dont le directeur actuel est M. Dijeau fondateur de l’IREM) pour suivre les cours de l’après-midi.
Voici un schéma expliquant la formation:
De plus, elle dispose d’une section loisir ouverte à toutes et à tous.
Les professeurs diplômés assurent les enseignements :
Classe d’éveil musical (fin de maternelle/cours préparatoire)
Etude d’un instrument dès la 1re année
Cours individuels d’instruments
Cours pour adultes
Musique Assistée par Ordinateur (MAO)
Les instruments enseignés sont : guitare, basse, batterie/percussion, piano, chant, saxophone, trompette, violon, violoncelle, clarinette, flûte.
L’école a la particularité d’apporter un enseignement de type « jazz » (en opposition avec l’école classique), dont le but est d’apprendre en parallèle la partie théorique (solfège) et la partie pratique, et cela dès le début du cursus.
Mais l’IREM n’est pas seulement une école de musique, en effet elle propose des « résidences ». C’est-à-dire qu’elle dispose de studio d’enregistrement et de production pour enregistrer une maquette, un single ou encore un album. Ceci étant bien évidemment ouvert à tous.
Elle possède 30 professeurs de musique, dont 11 salariés et 19 intervenants (auto entrepreneurs), et elle possède près de 200 adhérents, âgés de 7 à 77ans !
Les principaux partenaires de l’école sont le conseil général de Gironde, le conseil régional d’Aquitaine, la municipalité de Bordeaux, la FNEIJMA et le Fonds de la Création Musicale (FCM). De plus, l’école a l’habitude de collaborer avec l’association de programmation « Allez les Filles » et « Espace Clavier » qui est un magasin de claviers à Bordeaux.
L’IREM est partenaire et organisateur de nombreux évènements (généralement des concerts et festivals) tels que les tremplins Bordeaux Teenage Rock et Mozaïc Rock Challenge à Bordeaux (Hérétic Club, St-Ex, 4sans, Espace Tatry, Krakatoa, Barbey) et le festival Garorock de Marmande.
Concernant l’administration de l’école, elle est composée de Cyril BEROS (directeur), étant lui même professeur, de Bruno SANCHEZ (directeur administratif), de Fréderic BOREY (directeur pédagogique) et de Delphine DOUAT (chargée de communication et secrétariat). L’école est une petite structure .Elle dispose d’un bureau dans lequel sont regroupés deux bureaux, celui du directeur M.BEROS et de M.DOUAT, M. Béros travaillant toute la semaine, en tant que professeur le matin, et directeur l’après-midi, le directeur administratif, M.Sanchez travaille tous les matins au bureau de ce dernier. Les après-midi, il travaille dans d’autres associations toujours dans le domaine administratif. Mlle Douat travaille toute la journée du lundi au jeudi. M.Borey lui vient à l’école de façon assez irrégulière. De plus je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, je n’ai pas donc eu l’occasion de me pencher sur son activité. Voici l’organigramme de l’IREM:
| Cyril BEROS
Directeur |
||||
| Delphine DOUAT
Chargée de communication, responsable du loisir |
Bruno SANCHEZ
Administration, comptabilité |
Yann BOUGAULT
Responsable du studio |
Maxime SOULET/Jean Marie BERTOLO
Assistant studio, responsable technique |
Fréderic BOREY
Directeur pédagogique |
| Professeurs | ||||
Il s’agit d’une structure hiérarchico-fonctionnelle. En effet, l’entreprise possède une structure hiérarchique avec un pôle de gestion, et des liaisons fonctionnelles entre les individus. Le risque principal de cette structure étant la confusion des lignes hiérarchiques et de conseil.
L’école dispose de deux étages. Le premier, et le plus grand, comporte le bureau de l’administration, 3 salles de cours et une salle d’enregistrement et de répétition. Au deuxième, il y a un studio et 4 autres salles de cours.
II) Description et analyse des différentes fonctions administratives de l’IREM
L’Irem est une petite structure, dont le pôle de gestion est composé de 4 personnes:
Cyril Béros, Delphine Douat, Bruno Sanchez et Fréderic Borey.
De plus comme je l’ai dit précédemment, tous les postes de gestion sont concentrés dans une même salle et se partagent les bureaux sur des plages horaires différentes (deux bureaux pour 4 personnes).On observe ici un couplage communautaire, où deux individus utilisent les mêmes moyens pour réaliser leurs tâches respectives, et doivent se coordonner pour partager leurs ressources communes.
Il règne un réel climat de confiance et de respect, où les responsabilités de chacun sont parfois difficiles à identifier. Les individus coordonnent leur travail en communiquant de façon informelle, du fait des relations, en apparence, non hiérarchérisées. Pour moi, cela s’explique par la passion commune pour la musique qu’ils ont, et par les liens d’amitié qui les lient entre eux depuis bien longtemps avant l’IREM. Le caractère associatif de l’entreprise a aussi son importance, car il y a cette volonté commune de faire progresser l’école tout en modérant les notions de chiffres d’affaires et de rentabilité. Cependant il ne s’agit de fermer les yeux sur cette partie là, car elle est le point de départ de la gestion de l’école.
De ce fait j’ai pu observer l’ensemble des postes de l’administration tout au long de ces trois semaines. Cependant, mon stage s’est plus orienté sur la responsable de communication et sur le directeur administratif.
A) Le directeur: Cyril Béros
1) Son parcours.
Travaillant de ses 20 à 25 ans comme loueur de matériel de son à Bordeaux, où il écumera toutes les scènes régionales, Cyril Béros se mettra très tard à apprendre à jouer d’un instrument. C’est lors de ses 23 ans qu’il décidera de s’acheter sa première guitare. Autodidacte en musique, il part étudier à Londres la Media School (Diplôme d’ingénieur du son, production et enregistrement sonore) à l’âge de 25 ans dont il ressort diplômé au bout de 3 ans. De retour à Bordeaux, il travaille pour de nombreuses scènes bordelaises, telles que la salle Barbey, ou le Krakatoa, en tant qu’ingénieur son, et pour des studios en tant que producteur et arrangeur. Il monte avec des collaborateurs en 1989 le « Detroit », qui sera l’un des premiers clubs techno en France dans lequel venait souvent Laurent Garnier, célèbre producteur électronique français, mais surtout précurseur et importateur de cette nouvelle musique. De 1993 à 1998, il partira régulièrement en tournée dans la plupart des pays d’Europe de l’ouest, avec différents artistes en tant que responsable technique. (En 1998 il devient professeur de MAO à l’IREM, à l’époque dirigée par Franck Dijeau (après avoir fermé le « Detroit »). En 2007, il en devient le directeur.
2) Sa fonction de directeur.
M. Béros est le directeur de l’IREM. Mais plus précisément il est directeur salarié.
Il a sous sa responsabilité 32 personnes, dont des responsables administratifs et des professeurs.
Le directeur au sein de l’école n’est pas simplement un musicien, mais il a un rôle de manager, qui doit gérer son entreprise en tenant compte des spécificités de l’école et en respectant la politique culturelle de celle-ci. Il se charge de défendre des valeurs sociales et de partage de la culture, la musique. Il doit travailler avec sa hiérarchie (Conseil Général de la Gironde, Municipalité de Bordeaux), gérer un budget et du personnel ainsi que manager son équipe et créer des partenariats avec d’autres acteurs culturels.
Finalement, ces activités qui prennent de plus en plus de place l’amènent à développer des compétences éloignées de son cœur de métier. Et c’est assez intéressant, car selon son parcours, il n’a suivi aucune formation de gestion. Et pourtant d’année en
année, le succès de l’école ne cesse de grandir. M. Béros a donc appris son métier de directeur « sur le tas ». Mais je pense que s’il était amené à manager une plus grosse équipe et une plus grosse structure, des notions fondamentales théoriques seraient peut-être nécessaires?
Quoi qu’il en soit, un cycle de formation (en deux modules) au métier de directeur d’école de musique a été mis en place avec le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) et le CEPRAVOI (Centre de Pratiques Vocales et Instrumentales) depuis 2006! Le but étant d’offrir une formation équivalente aux directeurs des écoles de musique, quel que soit leur statut.
M. Béros n’est pas uniquement directeur de l’école, car il donne des cours de MAO tous les matins. Ce double statut directeur/professeur lui confère une importante ouverture d’esprit, car cela lui permet d’avoir deux points de vue différents de son école. Je trouve ça très intéressant, car selon moi, cela lui permet d’être au cœur de l’activité de son établissement.
B) Le responsable administratif et comptable: Bruno Sanchez
1) Son parcours
Titulaire d’une licence Gestion et Comptabilité de l’IAE de Toulouse, il obtient le FNEIJMA en 1991. Il travaille dans différentes entreprises dans les services financiers et comptables comme contrôleur de gestion. Depuis 2002, il travaille en tant que responsable administratif et comptable dans plusieurs associations en parallèle, dont l’IREM.
2) Sa fonction de directeur administratif.
Durant ma première semaine de stage, j’ai observé la fonction de M. Sanchez et ainsi pu mener mon enquête sur son activité.
Le responsable financier supervise la gestion financière de cet organisme (comptabilité, trésorerie et questions fiscales). Il est chargé notamment :
De rassembler les chiffres de l’entreprise, de les synthétiser et de les analyser,
d’optimiser la gestion des sources de capitaux et leurs emplois, dans une optique de rentabilité et de maîtrise du risque,
d’assurer les relations avec les apporteurs de fonds (banques, partenaires),
de rendre compte de la situation financière auprès du Directeur et des autorités de surveillance,
de préparer les budgets et de suivre leur exécution en collaboration avec le directeur,
de constater les points forts et les points faibles de l’activité
de fournir des simulations de rentabilité et de risque financier comme aide à la décision pour les projets d’investissement. Dans ce cas-là, il fait appel à un cabinet d’expert-comptable,
Et mettre en place des tableaux de bord de données comptables
De plus il m’a présenté la tenue de la comptabilité, et les démarches comptables, dont:
certains documents comptables (principalement des factures et des bulletins de salaire)
le classement des documents
la saisie des données, que j’ai effectuée pendant deux jours (factures)
les écritures comptables
La centralisation dans les journaux généraux
Les travaux d’inventaires
Préparation des états financiers
Pendant un jour, il m’a montré en quoi consister la préparation des déclarations fiscales, comme la taxe de formation professionnelle, la TVA, et d’autres taxes sur le chiffre d’affaires. Mais il m’a aussi présenté des déclarations sociales telles que les déclarations sociales légales et les préparations de paie.
Je dois reconnaître que parfois certaines choses étaient assez floues, notamment du fait de la trop grande quantité d’informations reçue.
Le dernier jour de la semaine, M. Sanchez m’a donné une enquête de comptabilité qu’un ancien stagiaire de l’INSEEC avait commencée. Le but de cette enquête était de déterminer à combien revenait un élève en section loisir à l’école. Nous avions commencé ensemble l’enquête, mais malheureusement M. Sanchez ayant été malade toute la semaine suivante, je n’ai retouché à cette enquête.
La comptabilité ne m’ayant jamais trop attiré, j’ai été agréablement surpris du poste de responsable comptable que j’ai observé. En effet, M. Sanchez travaillant par demi-journée à l’IREM (et le reste du temps dans d’autres établissements) dans un cadre agréable qui lui était familier, me laisse le sentiment d’un homme profondément épanoui et disposant d’une importante marge de manœuvre.
C) La responsable de communication
1) Son parcours.
Delphine Douat est rentrée directement dans le monde du travail après l’obtention de son DUT Gestion d’Action Culturelle et Conception de Projets. Elle commence par travailler pour 3C Tour (maison de production et d’événementiel) à Bordeaux, en tant que stagiaire, puis devient manageuse d’artistes du label. Six ans après ses débuts, elle sera embauchée à Radio Nova Bordeaux (actuellement « nova sauvagine ») pour être chargée de communication. Elle y restera pendant près de 10 ans. Durant cette période elle rencontra Cyril Béros (avec qui elle monta un projet de radio pour obtenir une fréquence), puis fut engagée comme responsable de communication de l’IREM.
2) Sa fonction de responsable de communication.
Durant la deuxième semaine, j’ai travaillé avec la responsable de communication et ainsi pu cerner les rouages de son métier.
Ses principaux objectifs sont de valoriser l’image et d’affirmer l’identité de l’école. Elle est la responsable de la cohérence de cette image avec l’école. Elle envoie des messages à l’environnement en termes de marketing et d’emplois. Elle choisit et conçoit les supports de communication et étudie les moyens de réalisation : panneaux, cédéroms, articles de revue, site internet… Après m’avoir montré comment elle s’occupait du site internet, elle m’a laissé m’en occuper pendant trois jours. J’étais chargé de l’actualiser, notamment en mettant en ligne des nouvelles photos, les nouveaux tarifs de 2011, les informations des nouveaux professeurs, et d’autres nouvelles concernant l’école.
Elle s’occupe aussi de l’organisation de manifestations qu’elles soient destinées à des clients, collaborateurs ou au personnel même de l’entreprise comme les concerts, les réunions … . Comme il s’agit d’une petite structure son rôle est assez polyvalent, ce qui représente un avantage pour pouvoir être présente partout. Cependant, les responsabilités y sont vite limitées. Elle organise et supervise les opérations auprès des partenaires, assure la visibilité de l’entreprise lors d’événements, met en place des actions marketing pour développer l’image de marque. Selon moi, elle correspond très bien au profil car c’est une personne avenante et sociable.
Les trois premiers jours de ma troisième semaine, je fus chargé de répondre au téléphone de Mlle Douat, et de prendre les messages. Cela ne m’a pas trop passionné, mais Mlle Douat étant malade, cela ne m’a pas dérangé de rendre service. Les deux derniers jours furent exceptionnels, car mon maître de stage me laissant le champ libre, j’ai pu assister à tous les enregistrements de groupes en studio pendant toute la journée.
III) Conclusion et analyse de mon stage
Tout au long de mon stage à l’IREM, j’ai pu observer les trois métiers sur quatre qui composent l’administration de l’école, dont le directeur, le responsable administratif et la responsable communication.
Tout d’abord, je tiens à dire que j’ai fait ce stage par choix. L’environnement de l’association me plaisait et me correspondait, et je trouvais intéressant de faire un stage, qui à mon goût, sortait de l’ordinaire. Suite à ce stage, j’ai découvert un large panel de métiers qui compose l’industrie de la musique. Je me suis rendu compte que ce n’était pas une voie aussi bouchée, en terme d’emploi, qu’on nous laisse entendre en général. Au contraire, car comme me répétait de nombreuses fois le directeur Cyril Béros, « pour un artiste sur scène, il faut au moins dix personnes derrière lui », que ce soit dans les musiciens, les assistants techniques, le manager, le responsable de communication, etc. … .Ce stage a complètement confirmé ma volonté de poursuivre dans ce domaine, ou du moins durant mes stages d’études, cependant pas dans une école de musique, car l’aspect management et communication reste toutefois limités. Un point très important pour moi est que j’ai eu le temps de me faire de nouveaux contacts dans la musique, notamment pour des stages dans une association de programmation, et des labels indépendants. De plus, le fait d’avoir pu mettre en application des notions apprises en IUT Tech de Co, telles que la comptabilité, est pour moi très enrichissant.
Cependant, je dois reconnaître que mon stage était un peu trop axé sur l’observation. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’avoir de réelles responsabilités, ce qui est dommage car pour moi c’était un des buts principaux de mon stage. Je pense que cela est dû en partie au fait que trois semaines de stage ne sont pas suffisantes, pour se voir confier de plus importantes responsabilités. Mais en même, comme l’indique son nom, il s’agit d’un stage découverte de l’entreprise, dont le but est de découvrir le monde de l’entreprise, et donc de ce point de vue là, trois semaines sont largement suffisantes.
Pour finir, il fut très agréable de travailler dans une bonne ambiance et de sentir une réelle cohésion au sein de l’équipe, car cela m’a mis tout de suite à l’aise dès mon arrivée. Sentir cette passion et cette volonté commune autour de la musique me réjouissait et me donnait un fort sentiment d’appartenance à cette association.
Cours d’organisation du S1 –Tech de Co
Cours d’organisation du S1 –Tech de Co
Sites utiles sur les écoles et le management de la musique
BTS Management de la musique
Les nouveaux médias pour la musique
La signification du mot usage dans l’usage des nouvelles technologies a été analysée dans un article devenu célèbre « l’intégration sociale des NTIC (Nouvelles Technologies d’Information et de Communication) : une sociologie des usages » écrit par des chercheurs du CNRS* MALLEIN Philippe et TOUSSAINT Yves.** Leurs travaux ont montré que l’insertion sociale d’une NTIC, soit son intégration à la quotidienneté des usagers, dépendait moins de ces qualités techniques que des significations d’usages projetés et construits par les usagers. Ainsi, l’usage des NTIC correspond à celui que les usagers font véritablement faire de ces derniers.
Le terme « nouvelles technologies » désigne les progrès en matière d’informatique, de communication et de télécommunication.
Dans les différents pays du monde, les progrès en ce qui concerne les nouvelles technologies sont inégaux. Les pays pauvres ont en effet de grandes difficultés à être innovants et présents sur le marché des nouvelles technologies.
Il n’y a pas seulement des inégalités entre les différents pays. En effet, tout au long de ce mémoire nous allons prendre le cas de la France et étudier les différents comportements des individus qu’ont entrainé la nouveauté.
Il y a plusieurs années, en France, les nouvelles technologies étaient réservées aux personnes aisées et ayant une certaine qualité de vie. Mais désormais, les inégalités d’accès aux technologies de l’information se sont réduites nettement et continuent à réduire.
Aujourd’hui les possibilités technologiques en matière de communication, d’information, de musique et d’automatisation sont considérables et capables de produire une multitude de produits et de services, lesquelles sont véritablement utilisées ?
Selon une étude du CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie) datant de 2009, 82 % des Français possèdent un téléphone portable, 75 % ont un ordinateur et 67 % sont équipés d’Internet à domicile. Ces chiffres sont représentatifs d’un phénomène de grande ampleur, car ils montrent l’évolution de l’accessibilité des nouvelles technologies.
Ce qui nous amène à nous demander comment les nouvelles technologies ont provoqué de nouveaux usages ? Afin de répondre à cette question, nous avons divisé notre travail en trois parties.
En effet, nous verrons dans un premier temps que les nouvelles technologies sont utilisées pour communiquer, puis dans une seconde partie nous étudierons l’impact des nouvelles technologies sur le comportement et la façon de vivre des individus, et enfin nous montrerons comment les nouvelles technologies ont bouleversé l’usage que nous avons de la musique.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES UTILISEES POUR COMMUNIQUER
En France, d’après un rapport de l’INSEE (Tableaux de l’économie française, édition 2010) on énumérait 19 millions d’abonnements à Internet, dont 95% étant des abonnements à haut débit, et 62% des ménages ont accès à Internet à leur domicile. C’est pourquoi nous verrons comment les nouvelles technologies ont fait pour que la communication et la recherche d’informations deviennent des usages répandus.
LE WEB 2.0
Dans les années 1990, lorsqu’Internet s’est développé pour devenir le medium central que l’on connaît, les sites étaient pensés comme des magazines, des fournisseurs de contenu informatifs et culturels. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui le Web 1.01, par opposition au nouvel Internet apparu ces dernières années, le Web 2.0.
Le Web 2.02, correspond à l’Internet en tant que plate-forme, au sens d’une série d’outils ouverts, conçus pour laisser les internautes construire eux-mêmes le web de leur rêve. (Source : Les outils du multimédias du web, Xavier DELENGAIGNE Fabrice GONTIER).
Il est difficile de définir «exactement » ce qu’est le Web 2.0, mais on considère généralement qu’il s’agit de l’ensemble des services en ligne visant à impliquer les internautes dans le réseau.
En effet, se sont des sites qui permettent aux internautes de participer à la production de contenu, des sites tels que Wikipédia3, Flickr4, etc.
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1premier serveur apparu après la création du premier site de recherche « Veronica » en 1992 et le premier navigateur « Mosaic » en 1993.
2évolution du web 1.0 qui a pour but de valoriser l’utilisateur d’Internet et ses relations avec les autres internautes
3encyclopédie en ligne écrite par des internautes
4Site Internet qui a pour fonction le partage de photo
Certains sites vont leurs permettre de personnaliser leurs espaces et leurs expériences pour parfois les partager, mais surtout, ce sont tous ces sites qui vont permettre facilement de s’intégrer au réseau, notamment aux différents réseaux sociaux, par la création de page liée les unes aux autres comme une toile. (Source : Petit guide sur Web 2.0, Sandie LEVENT, Josselin MONEYRON, sous la direction de Laurent COUSIN, Université de Cergy-Pontoise Master 2 IEC 2007-2008, page 5).
Ainsi la démocratisation du web 2.0, a permis la facilité d’utilisation d’Internet qui comporte trois dimensions :
une dimension sociale : le Web devient un média à double sens dans lequel une part importante du contenu est crée par les utilisateurs eux-mêmes.
une dimension architecturale : le Web devient une plateforme autonome. En effet le Web 2.0 est une plateforme indépendante des plateformes logicielles et matérielles, ces applications tournent partout et ces données ne sont plus cachées, mais disponibles sur le Web.
une dimension technique : le Web 2.0 fait appel à des technologies classiques qui sont désormais mûres et mieux maîtrisées.
Ces trois dimensions sont liées : les dimensions architecturale et technique sont nécessaires pour que les utilisateurs participent de manière massive au contenu du Web 2.0 et la dimension technique est également nécessaire pour que le Web puisse être considéré comme une plateforme. (Source : http://xmlfr.org/actualites/decid/061201-0001).
LES RESEAUX SOCIAUX
On le sait, les réseaux sociaux envahissent, de plus en plus, notre monde et font partie pour la plupart d’entre nous de notre « surf quotidien ».
Un réseau social répond à un besoin d’appartenance sociale de tout individu. S’ajoute à ce besoin d’appartenance, un besoin d’estime, c’est-à-dire être estimé par les autres membres de sa communauté. La première caractéristique d’un réseau social est de regrouper des personnes autour d’un concept commun.
Ainsi des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt se retrouvent au même endroit, et tout le plaisir est de rencontrer d’autres personnes.
D’après une enquête réalisée par l’IFOP5, on observe une amplification de l’essor des réseaux sociaux. En effet si les années antérieures ont vu naître les réseaux sociaux, 2009 restera comme l’année de leur avènement et de l’augmentation de ce phénomène. En 2010, 77% des internautes déclarent être membres au moins d’un réseau social.
Les réseaux tels que Facebook6, Copainsdavant7 et Myspace8 sont au top des réseaux sociaux les plus connus. En 2010, on notera que Facebook atteint un score de notoriété de 97%.
(Source : HYPERLINK « http://www.marketingonthebeach.com/reseaux-sociaux-en-chiffres-etude-ifop-de-notoriete-et-dappartenance-janvier-2010/ » http://www.marketingonthebeach.com/reseaux-sociaux-en-chiffres-etude-ifop-de-notoriete-et-dappartenance-janvier-2010/).
Les réseaux sociaux sont d’excellents outils de communication, de diffusion et de partage de l’information. En effet, certains d’entre eux s’imposent comme incontournables et regorgent d’utilisateurs qui sont à la recherche de contenu intéressant à partager avec leur communauté. Ces plateformes vont alors interagir entre elles, favorisant ainsi la propagation des articles sur la toile via les millions d’utilisateurs qu’elles possèdent.
Il faut savoir que Google référence maintenant les contenus des réseaux sociaux en temps réel et cela est un atout majeur pour l’indexation d’un article. De plus, le nombre de liens pointant sur l’article est considérablement augmenté grâce au partage de l’article. Le référencement des sites sur les moteurs de recherche se voit alors améliorer de manière conséquente. (Source : HYPERLINK « http://www.lablogule.com/2010/05/vie-du-web/effets-des-reseaux-sociaux.html » http://www.lablogule.com/2010/05/vie-du-web/effets-des-reseaux-sociaux.html).
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5Institut Français d’Opinion Publique est un des principaux instituts de sondages d’opinion
6 Site Internet que l’on considère comme un réseau en ligne où l’on partage ses photographies, ses humeurs et d’autres informations personnelles, etc.
7 Site internet dont le but est de retrouver des amis d’enfance en créant des groupes par rapport aux écoles où l’on a étudié ou les sports qu’on a pu faire par exemple.
8 Site en ligne dédié aux artistes chanteurs qui créent leur page avec quelques chansons pour se faire connaître des internautes
3. LES FLUX RSS ET LE WEB RADIO
L’accès à l’information via Internet se fait de plus en plus facilement notamment grâce aux flux RSS9 et au Webradio10.
Un flux RSS est un fichier, mis à jour en temps réel, qui reprend automatiquement les titres ou le texte d’un site. Bien souvent, il s’agit de sites d’actualité, webzines11, blogs. Le flux RSS est ensuite intégré dans une page web et affiché sous forme de liens cliquables, qui renvoient vers le site auteur du flux. Ce standard permet de diffuser toutes sortes d’information, d’alertes, de mise à jour de listes ou d’événements. Comme il existe plusieurs formats différents de RSS, une norme a été établie et tous les fichiers RSS doivent être conformes à la spécification XML 1.0, publiée sur le site Web du World Wilde Web Consortium. L’obtention d’information de cette manière est un procédé qui facilite l’accès à l’information. (Source : http://www.webizz.net/bonus/pourquoi.php).
Comme pour les stations de radio classiques, il existe des Webradios généralistes et d’autres avec de la musique thématique. Il est d’autant plus facile de communiquer par les Webradios, car leurs émissions ne sont pas soumises à des quotas comme ceux imposés par le CSA12 ou le CRTC13 aux radios FM14. Ainsi les internautes ont accès à l’information en continu.
Internet est alors un outil indispensable pour la diffusion, le partage et l’accès à l’information, mais pas seulement puisqu’il peut être utile dans les actes de la vie quotidienne.
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9 Fichiers texte qui contient les titres des derniers articles mis en ligne par un site web ainsi que les liens vers ceux-ci. Ce fichier est en permanence actualisé pour que son sommaire soit toujours à jour.
10 Radio en ligne sur Internet
11 Magazines en ligne
12 Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
13 Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes
14 Frequency Modulation
LE LIFE STYLE
Les nouvelles technologies contribuent grandement à l’évolution de la société et aux styles de vie des individus. Elles peuvent ouvrir de nouvelles possibilités et lever des obstacles auxquels se heurtent les personnes. Cela étant, la technologie peut aussi créer de nouvelles entraves pour certaines catégories d’individus. La question est de savoir comment les nouvelles technologies peuvent favoriser une meilleure qualité de vie.
LA SURVEILLANCE : UNE TENDANCE A IDENTIFIER
Le phénomène de surveillance se développe considérablement avec l’arrivée des nouvelles technologies. Elle peut apparaître comme étant une opportunité, mais aussi comme étant un frein à l’intimité des individus.
En effet, la surveillance peut être extrêmement utile dans la vie de tous les jours. Notre société étant de plus en plus dangereuse et peu rassurante, il est normal que les individus aient un besoin important d’être rassurés. Or, les nouvelles technologies peuvent être un moyen concret d’aider les individus pour aller dans ce sens.
La flexibilité qu’offre la technologie actuelle ouvre de nombreuses possibilités en plus de la sécurisation du domicile vis-à-vis d’éventuels malfaiteurs. En effet, il est désormais possible de surveiller le retour des enfants à la maison ou l’arrivée et le départ du personnel de maison grâce à la prise de photographies ou de caméras qui filment tout. Il est également possible de détecter l’ouverture d’un tiroir et même de placer un détecteur d’eau dans un chauffe-eau.
L’apparition de nouvelles technologies a modifié aussi la surveillance au travail. En effet, avec un produit comme « Karotz » qui a un lecteur de puces RFID15 permet à un directeur d’entreprise de surveiller l’arrivée et le départ de ses salariés. Car chacun doit passer sa puce RFID devant le lecteur pour signaler son arrivée ou son départ.
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15 utilisé pour mémoriser et récupérer des données à distance grâce à une radio étiquette ou puce RFID mise sur de petits produits
Cette nouvelle technologie du RFID s’est développée dans différents secteurs par exemple celui du transport où les abonnés possèdent une carte avec une puce RFID. Ils doivent utilisés leur carte puce à chaque utilisation du moyen de transport ce qui permet à l’entreprise de connaître le nombre d’utilisateurs sur une ligne et de mieux contrôler les fraudes de zones.
Ensuite, nous constatons que cette technologie est aussi utilisée dans le domaine de la santé avec la Carte Vitale qui possède une puce RFID permettant aux médecins d’avoir accès au dossier médicale de leur patient sur un ordinateur.
Ainsi, les nouvelles technologies amèneraient de nouveaux usages positifs en ce qui concerne la surveillance.
En revanche, le terme surveillance peut avoir des connotations négatives chez certains individus, c’est la raison pour laquelle il peut être gênant d’associer ce thème à un produit comme « Karotz ».
Dans une enquête16 menée il y a six ans sur un nouveau système de téléphone fixe offrant cinq sorties (donc la possibilité pour les jeunes d’avoir leur propre poste téléphonique dans leur chambre), nous avions à la fois constaté une baisse des tensions dans le salon, ou la pièce équivalente, où était placé le téléphone fixe familial, dont l’accès suscitait une forte compétition entre 18 heures et 21 heures ; mais aussi sur l’inquiétude de certains parents qui ne pouvaient plus « contrôler » de fait le contenu des communications de leurs enfants et donc les amis à qui ils téléphonaient. Ainsi, nous remarquons que la surveillance est souvent mal vue par ceux qui sont surveillés, les employés trouvent que leur patron s’immisce trop dans leur vie privée, ou les adolescents pensent que leurs parents sont trop sur « leurs dos ».
Les nouvelles technologies n’ont pas seulement influencé sur la surveillance des individus, nous observons l’apparition d’une nouvelle tendance dans notre quotidien, la domotique.
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16 Tiré de « nouvelles technologies : quels usagers, quels usages ? » de HOOG Emmanuel Page 32
LA DOMOTIQUE : UNE TENDANCE A L’AUTOMOTISATION DE LA VIE QUOTIDIENNE
La domotique correspond à la contraction des termes « maison » (en latin « domus ») et « automatique ». Elle consiste à mettre en place des réseaux reliant différents types d’équipements dans la maison. Ainsi, elle regroupe tout un ensemble de services permettant l’intégration des technologies modernes dans l’habitat. La domotique se positionne donc clairement comme l’avenir de notre vie quotidienne. En effet, elle vise à apporter des notions de confort, de gestion d’énergie, de sécurité et de communication que l’on peut retrouver dans les maisons, les hôtels et les lieux publics. L’électronique, l’informatique et les télécommunications sont très présentes dans notre quotidien or, la domotique repose sur le concept « Machine to Machine » qui consiste à rendre des machines intelligentes en leur permettant de communiquer entre elles sans intervention humaine.
Il y a quelques années, l’idée d’installer son propre système de sécurité pouvait intimider. « Il fallait du savoir-faire et des câbles » (selon Kim Boatman). Mais grâce à l’évolution des technologies, il est aujourd’hui très simple de sécuriser son domicile. « Nous sommes passés du gardiennage dans un fauteuil à bascule avec un fusil de chasse à toutes sortes de clôtures pour connaître aujourd’hui une pléthore de technologies sans fil performantes », indique SICILIANO Robert, expert et conseiller en sécurité à Boston.
En effet, grâce aux derniers systèmes commercialisés, il est désormais possible de surveiller son domicile à distance via Internet, activer et désactiver à distance les systèmes d’alarme, recevoir des mises à jour relatives aux événements sur le téléphone portable ou Smartphone, voir des vidéos et des photos à distance, identifier toutes vidéos pertinentes (comme une voiture qui s’arrête devant la maison, ou les enfants qui font du vélo), ainsi que de multiples autres fonctions. Les fonctionnalités sont diverses et variées, et chaque individu utilise la domotique en fonction de ses besoins : cela peut aller d’un package limité et ciblé à un système de luxe.
La domotique a de nombreux avantages pour la vie de tous les jours. Elle constitue un gain d’argent : bien que l’installation de la domotique ait un coût, cela permet des économies d’énergies (gestion du chauffage, lave-linge, sèche-linge, etc.) ; ainsi qu’une simplicité de vie : en automatisant les tâches quotidiennes, nous gagnons du temps pour d’autres activités par exemple. En effet, cela permet d’effectuer automatiquement certaines tâches répétitives comme le déclenchement de la lessive aux heures tarifaires creuses, l’utilisation du sèche-linge, l’allumage du système de chauffage, etc.
Cela permet de maitriser son environnement électronique et l’utiliser pour assister l’être humain. Grâce à l’installation d’équipements domotiques, tout le monde peut transformer sa maison ou son appartement en environnement du futur. Ce phénomène facilite clairement la vie des individus: il suffit d’appuyer sur un bouton et le problème est résolu.
D’ailleurs, une des utilisations principales concerne la santé, cette application de la domotique est essentiellement prévue pour le suivi des personnes fragiles (personnes âgées, handicap lourd, malentendant ou sourd, etc.). Nous pouvons imaginer qu’un équipement installé sur une personne ou dans son domicile contrôle un certain nombre de paramètres comme : son rythme cardiaque, sa température corporelle, son taux de glycémie, la qualité de l’air, etc. Nous pouvons également imaginer un capteur sensoriel qui permet de détecter la perte de connaissance. En fonction des résultats mesurés par ces détecteurs, il est possible d’alerter les urgences ou des proches.
La domotique n’est donc pas seulement un moyen de loisir, et « un gadget » pour la maison, c’est un phénomène utile.
La domotique devient accessible financièrement, et se démocratise donc de plus en plus. D’après le cabinet de conseille « IT Frost & Sullivan », ces applications actuelles se chiffrent à 232,6 millions de dollars en 2006 et ce chiffre devrait doubler à l’horizon 2013. D’après « ON World », un grand fournisseur de produits sans fil, la part du sans-fil dans les applications de la domotique devrait s’accroître et représenter 98% d’ici 2015. La domotique est donc un phénomène en pleine expansion, ce qui ne devrait pas changer, et les différentes possibilités d’évolution sont uniquement limitées par l’imagination.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET LA MUSIQUE
Dans un monde où les nouvelles technologies sont devenues omniprésentes et qui rythment le quotidien d’un pan entier de la société, il nous à paru intéressant de montrer tout d’abord comment l’apparition de nouvelles technologies comme la naissance de la radio, l’invention du CD et du walkman, ainsi que des MP3 et des iPods ont pu bouleverser l’usage qu’on a de la musique. Toutefois, toutes ces innovations n’ont jamais eu de telles conséquences sur le domaine musical que l’apparition d’Internet avec notamment le Peer-to-Peer, ainsi notre visée sera ensuite de comprendre quelles sont les possibilités qu’offre Internet en matière de musique.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES TRANSFORMENT LES PRATIQUES QUE NOUS AVONS DE LA MUSIQUE
La musique a évolué grâce à la création de différents appareils permettant son écoute chez soi puis partout où les consommateurs le voulaient grâce à des appareils portatifs.
Les concepteurs du phonographe17 commercialisé en 1878 préconisaient un usage très varié de l’invention comme l’apprentissage de langues et la lecture pour les malvoyants par exemple. Mais, dès les premiers usages du phonographe nous avons pu constater que les usagers avaient tendance à recourir massivement à une seule fonction: la lecture d’œuvres musicales.
Dès lors, nous observons ensuite une diversification des supports et la désacralisation2 de la musique. C’est-à-dire que nous sommes passés d’une consommation artistique, liée à des lieux d’écoute légitimes (salles de concerts), à une consommation quotidienne et ordinaire. L’évolution vers cette consommation de masse est marquée par l’apparition de nouveaux supports (les cassettes avec le walkman19, les CD20 avec le baladeur CD, et les fichiers multimédia avec le MP321).
17Appareil reproduisant les sons d’un disque
18La musique devient à la portée de tous et fait partie du quotidien
19Walkman est une marque déposée par l’entreprise Sony qui désignait un baladeur cassette
20 Un CD désigne un disque sur lequel on peut stocker de la musique
21 Appareil lisant des fichiers de musique compressés nommés MP3
Ainsi, nous remarquons par la suite que le principal usage de ces nouvelles technologies est de pouvoir écouter de la musique seule sans que d’autres personnes aux alentours puissent entendre notre musique et surtout pour pouvoir l’écouter dans n’importe quel endroit grâce à des appareils portatifs (transports en commun, lieux publics, ou chez soi).
D’après un article de TECNOLOGIK, Apple annonce en août 2010 avoir vendu 275 millions d’iPod tous modèles confondus depuis 2001, ce qui en fait le baladeur numérique le plus vendu au monde. Ce phénomène nous montre l’importance qu’ont prise les nouvelles technologies dans l’univers de la musique et dans notre quotidien. Toutefois avec l’apparition de l’ordinateur et de l’Internet nous constatons de nouveaux usages en ce qui concerne la musique.
LE PEER-TO-PEER : UNE INVENTION MODIFIANT L’USAGE QUE NOUS AVONS DE LA MUSIQUE
Nous allons donc étudier les nouveaux usages que nous faisons de la musique avec l’apparition du Peer-to-Peer22. Ce phénomène aurait 4 millions d’utilisateurs simultanés en 2004 d’après un rapport de l’OCDE23 sur la musique en ligne. Selon GEORGAKAKIS Emmanouil « L’expansion d’Internet et du haut débit ont permis aux internautes de mettre en commun et de partager une multitude de fichiers stockés sur leurs ordinateurs par l’intermédiaire du Peer-to-Peer qui met à la disposition des utilisateurs un grand nombre de fichier »24. En effet, le Peer-to-Peer aurait donc comme principal usage l’échange d’information entre des internautes.
Le Peer-to-Peer est alors utilisé pour échanger des fichiers musicaux, ce qui peut s’expliquer par une tendance à l’éclectisme25 des goûts musicaux.
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21 Article rédigé par VINCENT Benjamin, fondateur du site internet et journaliste spécialisé pour les sujets concernant Apple
22 Technologie d’échange de fichiers d’ordinateur à ordinateur au sein d’un réseau
23 Organisation de Coopération et de Développement Economique
24 Tiré de son mémoire « Le phénomène du Peer-to-Peer et la distribution de musique » page 4
25 Disposition à apprécier la variété dans ses goûts
En effet, d’après Jean-Samuel Beuscart26, jusqu’aux années 70-80, lorsqu’il faisait une enquête sur la musique, il trouvait une correspondance entre la catégorie sociale et le degré de légitimité culturelle des œuvres écoutées. Ainsi, les classes supérieures écoutaient plutôt du classique et du jazz et les classes populaires de la variété. Mais depuis quelques années, ce marquage social de la musique diminue et l’ensemble de la population a tendance à écouter différents genres musicaux.
D’ailleurs, les sociologues Jean-Samuel BEUSCART, Pierre FRANCOIS, et Philippe COULANGEON, ont étudié les usages et les pratiques des internautes utilisant le Peer-to-Peer dans le livre « La musique une industrie des pratiques ». Ils identifient deux grands profils d’usagers du Peer-to-Peer :
-Le « collectionneur de fichiers numériques » accumule un maximum d’enregistrements. Pour cette personne qui télécharge intensivement, le MP3 est un objet indispensable. Sa pratique se caractérise par une forte addiction au téléchargement pour enrichir sa collection. Il achète peu de disques, car pour lui, le MP3 est un support légitime à part entière qu’il archive sur disque dur et écoute directement depuis son ordinateur. . -Le « sampler » teste des nouveautés grâce à cet accès gratuit que propose le Peer-to-Peer pour ensuite acheter les disques qu’il juge intéressants. Pour cet internaute, le MP3 n’a pas la même valeur que l’album musical. Souvent, il stocke ses morceaux sans les organiser sur son ordinateur, ou il se reconstitue un disque qu’il écoute finalement sur sa chaîne hi-fi.
La diffusion des nouveaux outils de Peer-to-Peer, comme Napster27 créé en 1999, induit de nouvelles pratiques de choix musicaux. Très rapidement Napster se diffuse en prenant appui sur les communautés existantes qui téléchargeaient et se rencontraient sur l’IRC (Internet Relay Chat). Le logiciel répondait exactement aux limites que rencontraient les internautes (des temps de recherche trop longs, des relations sociales et des négociations trop compliquées).
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26 Tiré d’une interview faîte par Huber Guillaud datant du 05/01/09 tiré d’internetcatu.fr
27 : est à l’origine du service HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_%C3%A0_pair » \o « Pair à pair » Peer-to-Peer destiné uniquement à l’échange de fichiers musicaux créer en 1999 par Shawn Fanning
L’USAGE DE LA MUSIQUE TRANSFORME PAR LE WEB 2.0
Ainsi ces nouvelles technologies évoquées précédemment ont entraîné de nouveaux usages en ce qui concerne la musique, mais l’apparition d’Internet sera un virage déterminant dans l’usage que nous faisons de la musique.
Dans un contexte de crise du disque avec une baisse importante des ventes et alors que la musique est en recul sur les médias traditionnels (radios et TV), Internet s’impose comme une révolution. En effet, depuis l’arrivée d’Internet, et en particulier du Web 2.0, nous constatons une restructuration de l’industrie de l’information, mais aussi parallèlement de l’industrie musicale. Ce n’est qu’en 2003 que les maisons de disques étendent leurs services à Internet en proposant un véritable catalogue de chansons en ligne. Par exemple, EMI28 a lancé cette même année la plus grande initiative de téléchargement en mettant à disposition en ligne plus de 140 000 morceaux aux internautes29.
La musique sur Internet se présente sous diverses formes. L’internaute retrouve sur Internet des plateformes de vente de musique en ligne qui fonctionnent sur la base du téléchargement légal sous forme de fichier MP3. L’étude de l’Observatoire de la musique recense 18 boutiques de musiques en ligne dont AmazonMP3, Emusic, MusicMe, VirginMega, FnacMusic, et dominé par iTunes. Ces plateformes offrent des services de téléchargement de musique payante, qui fonctionnent à la carte comme iTunes ou par abonnement. Ainsi, 41 millions d’actes d’achats ont été réalisés sur le Web via le téléchargement légal, c’est pourquoi aujourd’hui il est considéré comme un des principaux usages que nous faisons d’Internet.
Outre le téléchargement, la musique sur Internet est également présente à travers le streaming. C’est une technique qui fut mise à disposition du grand public en 1995 avec le lecteur gratuit RealAudioPlayer utilisée au départ par les Webradio.
28 EMI Electric et Musical Industries est l’un des quatre majors du disque 29 Tiré du mémoire de Page
Il existe aujourd’hui des plateformes à la portée de tous diffusant de la musique par exemple « Deezer »30. Ainsi, le streaming est devenu un usage fréquent par les internautes pour écouter de la musique, ce succès est comparable à celui du Peer-to-Peer car légal et gratuit. Cependant, le streaming ne nécessite pas de téléchargement, car cette technique permet la lecture quasi immédiate d’un flux audio ou vidéo, sans téléchargement. Ce qui implique nécessairement une connexion à Internet de haut débit. Aujourd’hui il existe une vingtaine de plateformes de streaming dédiées à la musique, parmi lesquelles : Misiline, Deezer, Spotify, Fintune, etc.
La musique sur Internet est un secteur très diversifié qui propose de plus en plus de fonctionnalités et d’usages : partage de contenus, recommandations de titres que l’on peut noter entre 1 à 5, par exemple. Les internautes peuvent désormais se créer des comptes personnalisés leur permettant de créer des playlists31, de les partager avec d’autres utilisateurs, ou d’écouter des radios thématiques qui différencient les genres musicaux.
En définitive, la dématérialisation de la musique devenue numérique a entraîné de nouveaux usages : ainsi la musique est devenue portable (multi-support) et facilement échangeable via Internet. Aujourd’hui, de nombreux appareils sont capables de lire de la musique numérique que ce soit le baladeur MP3, la chaîne hi-fi mais aussi le lecteur DVD ou bien l’ordinateur. Le développement d’Internet et des réseaux de Peer-to-Peer comme Napster a amené un changement de statut de la musique. Le CD a perdu de son intérêt : il est de plus en plus considéré comme un support encombrant. Face à cette évolution du marché musical, les consommateurs ont aujourd’hui de nouvelles attentes auquel le Web 2.0 va répondre avec des sites de diffusion musicale en ligne gratuits ou des sites de téléchargement légal de titre musicaux sous forme de fichier MP3.
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30 Deezer est un site internet de musique en ligne créer
31 Listes de chansons en fichier audio
Conclusion
Dans ce mémoire nous avons montré d’un point de vue global comment les nouvelles technologies ont amené de nouveaux usages. Tout d’abord, nous avons montré que les nouvelles technologies telles que le Web 1.0 et le Web 2.0 ont provoqué de nouveaux comportements. En effet, Internet a amené une dimension sociale par la création de sites Internet visités par des millions d’internautes et l’apparition de réseaux sociaux sur Internet comme Facebook ou Myspace qui connaissent un véritable engouement. De plus, nous avons constaté que les individus ont accès à une quantité importante d’information grâce à Internet et plus particulièrement à l’aide Webradio et de flux RSS (qui informe des dernières mises à jour d’un site Internet).
Ensuite, nous avons constaté que les nouvelles technologies ont entrainé l’apparition d’un nouveau style de vie avec un phénomène qui se développe : la surveillance que ce soit celle de notre habitat par l’intermédiaire de caméra ou au travail grâce au système RFID. Et nous avons remarqué que le style de vie des individus a changé due au développement d’une tendance, la domotique soit l’automatisation des appareils que nous utilisons dans notre quotidien. Ainsi, la programmation du chauffage de nos appareils électroménagers va permettre aux individus de gagner du temps et de faire des économies.
Puis nous avons observé que les nouvelles technologies ont eu un impact sur la musique avec la désacralisation de la musique grâce à la création d’appareils portatifs permettant de lire des cassettes, des CD et des fichiers multimédias. De plus, l’apparition du Peer-to-Peer va provoquer des échanges considérables de fichiers de musique et un développement du marché numérique. Par la suite le streaming entrainera la création de site de musique en ligne gratuit et de webradio.
En définitive, les nouvelles technologies ont amené de nouveaux usages dans la communication, la musique et la vie quotidienne des individus. Toutefois n’y auraient-ils pas certaines limites à ces nouveaux usages ? Par exemple, le fait de communiquer par Internet n’affecte-t-il pas nos relations dans le réel ? Et cette désacralisation de la musique a aussi entrainé un usage négatif, le téléchargement provoquant une crise dans l’industrie musicale, ce qui remet en question d’un côté les usages qu’entrainent les nouvelles technologies.
Bibliographie
Article de Revue
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NICOLAS André Responsable de l’Observatoire de la musique, Rapport annuel 2009 : les marchés de la musique enregistrée, janvier 2010. 81 Pages
Article sur Internet
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VINCENT Benjamin. Apple : 275 millions d’iPod vendus depuis 2001, Mercredi 1er septembre 2010. « http:// www.teknologik.fr/apple/ipod/apple-275-millions-ipod-vendus-depuis-2001-16103» (page consulté le 12 janvier 2011)
Dictionnaire
AMEKA Bernard – BEZIAT Jacques – FLORENTIN Catherine – MARTY Nicole – DE VULPILLIER ES Thierry. Dictionnaire des nouvelles technologies en éducation (100 notions clés). Nathan, 2006. 255 pages
Mémoire
BLOT Lucie. L’internet participatif: un nouveau canal parallèle de diffusion et de promotion de la musique? Université CERGY-PONTOISE, Juin 2010. 87 Pages.
CARMAGNAT Fanny, Médias et nouvelles technologies: Pour une sociopolitique des usages. Sous la direction de André V ITALIS, Rennes: Apogée. 1994.
GEORGAKAKIS Emmanouil. Le phénomène du Peer-to-Peer et la distribution de musique. Sous la direction du Professeur Yves REBOUL, Année 2005/2006.78 Pages
HARTMAN Claire. L’industrie du disque ‘pour le maintien d’une diversité culturelle’ réflexion sur la diffusion. Sous la direction de Serge GUERIN, Année 2007/2008
LEVENT Sandi- MONEYRON Josselin. Petit guide du site web 2.0 à l’usage des éditeurs. Sous la direction de COUSIN Laurent, Université CERGY-PONTOISE Année 2007-2008. 50 Pages.
LATRECHE Raja. Les nouvelles technologies face à la presse quotidienne nationale : le cas de l’Internet mobile. Université CERGY-PONTOISE. Année 2006/2007. 87 Pages
Livre
BUBOIS jean-pierre _ TRICOIRE Agnès. Une société de surveillance ? : L’état des droits de l’homme en France 2009. Paris Edition La Découverte. 2009. 125 Pages.
DELENGAIGNE Xavier-GONTIER Fabrice. Les outils multimédias du web (équipement, services et savoir-faire pour communiquer sur Internet). Edition CFPJ, Décembre 2009. 141 pages.
DI FRANCO Monique – KOCOGLU Delphine – MARTIAL Françoise – TRONYO Joëlle – ROOSZ Patricia. Tableaux de l’économie française. Paris : INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), 2010. 245 pages.
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Jean-Samuel BEUSCART-Pierre FRANCOIS-Philippe COULANGEON. La musique une industrie des pratiques. Edition la documentation française. Paru le 17 mars 2008. 147 Pages
Revue Electronique
DUFAUX Florent. Apparition d’un marché de la musique en ligne. 4 octobre 2006.
RESSI (Revue Electronique Suisse de Science de l’Information) « Publiée sur le site de la Haute Ecole de Gestion de Genève » (page consulté le 13 janvier 2010)
Tables des annexes
Annexe I : Etude de CALYSTO sur les enfants et Internet
Annexe II : Les différents composants de la domotique
Annexe III : Extrait d’un rapport sur la musique
Annexe IV : Chiffres clés 2009 concernant la musique
ANNEXES
Annexe I
CALYSTO en partenariat avec la VOIX DE L’ENFANT publie les résultats du 4ème baromètre annuel « Enfants et Internet ».
Des statistiques réalisées du 10 mai au 17 juin 2010 sur un échantillon national de 35 000 collégiens, et lycéens âgés de 11 à 17 ans. Elles ont permis de dégager les grandes tendances de l’utilisation de l’Internet par les enfants.
Elles témoignent notamment du fait que :
89% des 11-13 ans et 93% des 13-17 ans ont Internet à la maison,
25 % des 11-13 ans et 18% des 13-15 ans passent plus de 3 heures par jour sur les messageries instantanées,
55% des 11-13 ans et 75% des 13-17 ans ont désormais un profil Facebook contre 35% de collégiens en 2008-2009
26 % des 13-15 ans et 27% des 15-17 ans des collégiens téléchargent à la demande de leurs parents.
Les enfants français sont souvent confrontés à des contenus choquants lorsqu’ils téléchargent. 55% des 15-17 ans sont déjà tombés sur des contenus pornographiques ou violents alors qu’ils cherchaient à télécharger une musique ou une vidéo. Les 11-13 ans et les 13-15 ans sont respectivement 17% et 32% à avoir déjà été confrontés à ce phénomène. Malgré la présence de contenus choquants, un adolescent sur les plateformes de téléchargement illégal, un adolescent sur quatre déclarent avoir déjà été incités à télécharger par ses parents. 27% des 15-17 ans et 26% des 13-15 ans déclarent en effet télécharger illégalement des musiques ou des vidéos à la demande de leurs parents.
Annexe II
Les différents composants de la domotique
Annexe III
Extrait du rapport annuel de l’observatoire de la musique (Année 2009)
Annexe IV
Extrait du rapport annuel de l’observatoire de la musique (Année 2009)
Glossaire
B.
Blog (ou Weblog) : journal personnel en ligne qui permet à un internaute de publier régulièrement des informations ou de commenter l’actualité sur un sujet.
C.
CD : disque sur lequel on peut stocker de la musique
CNRS : Centre de National de la Recherche Scientifique
Copains d’avant : site internet dont le but est de retrouver des amis d’enfance en créant des groupes par rapport aux écoles où l’on a étudié ou les sports qu’on a pu faire par exemple.
CREDOC : Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie
D.
Désacralisation : La musique devient à la portée de tous et fait partie du quotidien
E.
Éclectisme : Disposition à apprécier la variété dans ses goûts
EMI : Electric et Musical Industries est l’un des quatre HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_majors_du_disque » \o « Liste des majors du disque » majors du disque
F.
Facebook : site Internet que l’on considère comme un réseau en ligne où l’on partage ses photographies, ses humeurs et d’autres informations personnelles, etc.
Flickr : Site Internet qui a pour fonction le partage de photo
Flux RSS : fichier texte qui contient les titres des derniers articles mis en ligne par un site web ainsi que les liens vers ceux-ci. Ce fichier est en permanence actualisé pour que son sommaire soit toujours à jour.
I.
IFOP : Institut Français d’Opinion Publique est un des principaux instituts de sondages d’opinion
M.
MP3 : Appareil lisant des fichiers de musique compressés nommés MP3
Myspace : Site en ligne dédié aux artistes chanteurs qui créent leur page avec quelques chansons pour se faire connaître des internautes
N.
Napster : est à l’origine du service HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_%C3%A0_pair » \o « Pair à pair » Peer-to-Peer destiné uniquement à l’échange de fichiers musicaux créer en 1999 par Shawn Fanning
NTIC : Nouvelles Technologies d’Information et de Communication
O.
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique
P.
Peer-to-Peer : Technologie d’échange de fichiers d’ordinateur à ordinateur au sein d’un réseau
Phonographe : Appareil reproduisant les sons d’un disque
Playlist : Liste de chansons de fichier audio.
R.
RFID ou Radio d’identification : utilisé pour mémoriser et récupérer des données à distance grâce à une radio étiquette ou puce RFID mis sur de petit produits
W.
Walkman : marque déposée par l’entreprise Sony qui historiquement désignait un baladeur cassette
Web 1.0 : premier serveur apparu après la création du premier site de recherche « Veronica » en 1992 et le premier navigateur « Mosaic » en 1993.
Web 2.0 : est l’évolution du web 1.0 qui a pour but de valoriser l’utilisateur d’Internet et ses relations avec les autres internautes.
Webradio : radio en ligne sur Internet
Webzine : magazine en ligne
Wikipédia : encyclopédie en ligne écrit par des internautes
La musique lors de manifestations
Selon le proverbe populaire, « la musique adoucit les mœurs ». Pourtant, il est impossible d’envisager un mouvement de contestation tel que la manifestation sans musique. Les enquêtes de Danielle Tartakowski ont bien montré que depuis l’origine des mouvements collectifs, la musique est présente dans ce genre de rassemblement, et électrise les foules. Les organisateurs de ces manifestations ont en effet immédiatement perçu l’importance de solliciter l’ouïe des manifestants pour les mobiliser et les faire participer au processus de contestation. Conformément à l’analyse d’Erik Neveu, l’objectif premier des manifestations est de montrer la mobilisation et la détermination des individus contre une décision du gouvernement (en l’occurrence dans le cadre de notre enquête les manifestations portées sur la réforme des retraites). Faire reculer les pouvoirs publics passe alors par la capacité à mobiliser un nombre important de personnes et à montrer leur unité, régulièrement symbolisée dans le discours des manifestants par l’expression « faire front commun ». Or, ces deux objectifs impliquent un recours à la musique.
La musique est donc un formidable instrument mobilisateur dont l’efficacité a pu être observée au cours d’observations participantes. Cette méthode était d’un intérêt évident pour collecter des informations de terrain. L’autre intérêt de l’utilisation de la musique réside dans la transmission d’un message. En effet, l’attention portée aux paroles dans le choix des chansons diffusées révèle l’intention d’utiliser la musique comme un vecteur de transmission d’un message. Dès lors, il nous est apparu nécessaire de procéder à des entretiens pour recueillir le sens que les individus donnent à leurs actions, les amener à porter un regard sur leur pratique et collecter ce discours pour en extraire ce qui nous a paru révélateur. Nous avons par la suite adopté une méthode plus directe en participant au processus musical en élaborant nos propres chansons et en mesurant leur effet sur les manifestants ce qui nous a permis de tester empiriquement nos hypothèses et de mesurer les effets de certaines variables, en identifiant quelles composantes de la chanson avaient le plus grand pouvoir mobilisateur.
Dans quelle mesure le choix des chansons diffusées, des slogans scandés et des refrains chantés répond-il à une organisation minutieuse de la part des responsables syndicaux visant à maintenir l’engouement des manifestants ? Dans quelle mesure, les manifestants chantent plus par mimétisme et pour se conformer aux normes en vigueur lors des manifestations que par adhésion aux paroles chantées ?
Nous verrons dans un premier temps comment la musique occupe une place centrale dans une manifestation, d’abord en amont, par le soin porté par les organisateurs à la programmation, puis en aval, car elle est pour les manifestants la principale forme de participation au processus collectif. Puis nous nous intéressons aux stratégies mises en place par les organisateurs pour que la musique devienne un ressort de la mobilisation.
La manifestation comme interaction
1.1 Du côté des syndicats : une organisation minutieuse au service de la mobilisation?
Si certaines chansons sont incontournables dans une manifestation et reviennent quel que soit le motif de la contestation, la plus grande partie des chansons diffusées relèvent d’un choix mûrement réfléchi. Les organisateurs portent une attention particulière aux messages et aux thématiques contenus dans les textes des chansons. Pour trouver les morceaux qui correspondent le mieux à leurs attentes, ils ont parfois recours à des syndicats étrangers, au niveau fédéral de leur syndicat ou encore à Internet, formidable pourvoyeur de chansons créées par des individus. Il y a donc en premier lieu un choix selon des critères thématiques.
On s’adapte par rapport à l’actualité et par rapport aux revendications qu’on emporte au moment de la manifestation. et là c’était sur la retraite, les salaires, les emplois
Les chansons diffusées répondent donc dans une certaine mesure à une logique propre à chaque thème de manifestation. Ainsi, si les organisateurs mettent en avant un souci de diffuser des chansons aux paroles qui correspondent aux thématiques de la manifestation, les autres chansons relevant davantage d’un horizon indépassable de la chanson de manifestation.
Manu Chao on le passe souvent dans les manifs
S’il ne nous a malheureusement pas été donné l’occasion d’assister à d’autres manifestations d’envergure sur des thèmes différents au cours de notre enquête, notre expérience personnelle et les différentes réponses apportées lors des entretiens indiquent sans ambiguïté que nombre de chansons diffusées ou chantées sont reprises dans d’autres manifestations. Les chansons ont alors moins un but de sensibilisation ou d’information qu’un objectif de mobilisation. Il s’agit moins en effet de renseigner le manifestant –dont on postule qu’il a atteint un niveau de maîtrise des enjeux de la contestation suffisant pour accorder une partie de son temps et/ou perdre une journée de travail- que de le mobiliser, c’est-à-dire lui faire prendre part à une action collective.
Les gens qui sont là, ils sont d’accord avec les messages. Aujourd’hui on se regroupe pour se dire, « putain, on est une force », c’est çà l’objectif des chansons, ce n’est pas à but d’information.
En effet, pour bien comprendre l’importance de la musique lors d’un mouvement collectif, il faut revenir aux objectifs d’une manifestation. Une manifestation est un acte politique collectif, qui se traduit notamment par un HYPERLINK « http://livepage.apple.com/ »défilé de protestation, et qui consiste à montrer la détermination d’un groupe et sa capacité à fédérer un nombre important de personnes pour établir un rapport de force. Rien de plus normal dès lors que de créer une émulation au sein du rassemblement en reprenant à l’unisson de vieilles chansons de la contestation populaire, ou de vieux classiques remis au goût du jour par les modifications de paroles.
Cependant, un autre critère qui intervient dans le choix des chansons diffusées ou chantées est celui des endroits parcourus.
Il y a des points stratégiques où on chante des chansons adaptées
On constate en effet une attention particulière des personnes décisionnaires quant à la musique utilisée lors du passage devant ces lieux symboliques. Ainsi se met en place ce qu’on pourrait appeler une « topographie musicale », où ce sont des endroits symboliques qui dictent le choix des chansons.
Pour Alain Jupé quand il est passé ministre, même le parcours a été fait de façon qu’on passe devant la marie pour justement qu’on marque notre passage de la manifestation devant la marie. Oui, bien sûr c’est stratégique.
Comme tout divertissement, la manifestation repose sur une alternance de temps faibles et de temps forts. Un peu à la manière d’un disc-jockey qui alterne des morceaux extrêmement rythmés et des morceaux plus lents pour favoriser la consommation au bar, les organisateurs veillent à ménager les manifestants pour préserver leur endurance tout au long du parcours. Ainsi sont définis avant le début de la manifestation des moments-clés où les manifestants sont davantage sollicités et des moments plus relâchés. Le début (avant que le cortège ne démarre) et la fin (avant la dispersion des manifestants) de la manifestation sont des moments de regroupement où il est décisif de montrer la cohésion des individus présents.
Si nécessairement les grilles de topologie musicale et de chronologie musicale se croisent, elles n’en restent pas moins deux concepts distincts qui permettent d’appréhender la construction sonore de la manifestation.
Face aux cadres fixés par les organisateurs, les initiatives et les interventions spontanées des manifestants sont parfaitement admises. Construite en opposition aux décisions « qui viennent d’en haut » et au modèle centralisé qui empêche l’expression des citoyens, la manifestation est le lieu où le peuple prend la parole. Elle laisse donc toute latitude aux participants pour s’exprimer. D’un point de vue musical, cette expression se traduit par le demande de certains titres ou encore lorsque certains manifestants s’emparent du micro ou du mégaphone pour faire partager leur texte.
I.2. Les manifestants comme acteurs d‘une action collective
Le processus démocratique dans les démocraties représentatives occidentales ne se réduit pas aux élections et à la participation dans des groupes institutionnalisés, les actions revendicatives sont une autre forme de participation politique légitime. Pour notre enquête, il s‘agit de comprendre la définition de l‘action collective comme „toute action concertée d‘ un ou plusieurs groupes cherchant à faire triompher des fins partagées“ dans un sens restreint prenant en compte les actions revendicatives de manifestation. Ce qui est fondamental dans cette mobilisation c‘est « le passage de la résignation à la désignation d‘une injustice ».
Les manifestants ne sont pas des objets, ce sont des personnes qui ont des réflexions [...] il faut pas les prendre pour des gens manipulés.
Le fait que ce soient les syndicalistes qui sont d‘avant tout chargés de l‘organisation de la manifestation invite à penser que ce sont eux qui sont primordialement chargés d‘imposer leurs choix musicaux aux manifestants. Cependant, ce sont les manifestants qui sont les acteurs principaux d‘une manifestation et qui ont tout un ensemble de moyens à disposition afin d’exprimer leurs revendications.
Lors des nos observations participantes, on pouvait voir que les manifestations ne se composent pas seulement des cortèges syndicaux, mais qu‘il y a une diversité de plus petits groupes et des individus qui y participent. On trouve souvent des acteurs qui sont marqués par une originalité remarquable à propos de l‘expression de leurs revendications. Quant à la musique, lors de la première participation, il y avait un groupe de musiciens avec des accordéons et des pancartes „On ne fera pas valser nos retraites“. On voit donc bien que les syndicats n‘ont pas le monopole de la musique lors des manifestations.
Quand on élargit la sphère musicale, on peut remarquer que les manifestants jouent un rôle important dans la création d‘un fond sonore. Ce dernier est décisif, puisqu’il contribue à la dynamique d‘une manifestation. Or, plus une manifestation est bruyante, plus elle a des chances d‘être entendue. On peut d‘ailleurs observer que les manifestants se servent de toute sorte d‘outil, comme des sifflets des casseroles afin de faire du bruit. Pour eux cela sert aussi à exprimer leur mécontentement avec l‘objet de la manifestation, par exemple dans notre enquête de la reforme des retraites :
C’est l’idée de couvrir un silence, de donner sens à un silence, parce que c’est quand même quand les gens font grève, c’est grave.
Mis à part des manifestants qui se servent des objets du quotidien, il en y a aussi qui manifestent leur mécontentement et leurs revendications d‘une manière plus professionnalisée : Dans les manifestations on trouve souvent des manifestants qui utilisent des mégaphones afin de diffuser leurs propres revendications. À cela on peut ajouter ceux qui sont caractérisés par une forte créativité, qui sont équipés des pancartes très originales qui servent aux syndicalistes comme une sorte d‘inspiration dans le processus créatif.
Je dirais même que l’art, l’art qui est le nôtre, c’est de créer ces espaces de liberté.
Lors des manifestations, il se crée un espace propre. Même s‘il revient aux syndicalistes d‘encadrer ce dernier en négociant par exemple le parcours de chaque manifestation, ce sont les manifestants qui le créent. Il est d‘ailleurs marqué par le libre accès, tout le monde peut s‘y rendre et le quitter selon sa propre intention. La liberté d’expression est aussi importante lors de la manifestation, celle-ci ne se faisant pas seulement par les paroles mais aussi dans un sens plus large par d‘autres formes d‘expression, comme par exemple la danse.
A rebours de cette conception où les syndicats imposent le déroulement de la manifestation, il est possible d’envisager la manifestation comme un espace d‘échange entre les acteurs de l‘action collective et un espace de rencontre. Il offre la possibilité de discuter des objectifs de la manifestation :
Moi, je me contente pas de suivre, moi je suis acteur aussi et [...] je tiens à l’échange que j’ai avec des autres.
1.3 L‘échange entre manifestants et syndicats
Dans une action revendicative, il y a donc un fort échange entre les participants, mais aussi entre les participants et les syndicalistes.
Nous, on n’impose rien, on est deux, voire trois animateurs devant le camion, on n’impose rien, ce sont des manifestants qui commencent à chanter et nous, on les suit [...] Eux ils choisissent et nous, on contrarie pas, au contraire justement les manifestants ils animent.
On voit donc bien qu‘il ne s‘agit pas de syndicalistes qui ont le monopole de la parole lors des manifestations. On se trouve bien dans une conception où ce sont les manifestants qui font le choix des chansons. Les animateurs ont le rôle d‘intervenir juste par défaut par exemple en cas de baisse de l‘ambiance ou en passant par des lieux fortement symboliques qui les invitent à réagir et à revendiquer d‘une manière adaptée à cet endroit symbolique. Les deux acteurs sociaux ont d‘ailleurs une relation très symbiotique pendant les manifestations.
De même, on peut observer que des manifestants non syndiqués endossent le rôle d’animateurs ce qui offre aux syndicalistes une phase de repos et satisfait de l‘autre côté le besoin des manifestants de prendre la parole. Il faut évoquer aussi l‘aspect de collaboration qui n‘est pas restreint uniquement aux chants lors de la manifestation, mais peut aussi prendre la forme de la participation au processus créatif. Il arrive que les manifestants aient de nouvelles idées pour des chansons qu‘ils partagent après une manifestation avec les responsables syndicaux. De même, des manifestants – surtout ceux qui manifestent régulièrement – veulent chanter leurs propres chansons :
Il y avait un monsieur, un retraité qui venait chanter tout le temps [...] sa chanson, il est content et repart, il est ravi d’avoir chanté sa chanson et nous aussi, parce qu‘on lui a fait plaisir.
On peut d‘ailleurs voir les manifestants habituels qui viennent régulièrement aux manifestations et qui y participent en chantant. Les syndicalisés se souviennent souvent des ‘mêmes visages‘ qui sont heureux de pouvoir activement participer. Tout cet échange se fait bien sûr dans le cadre d‘un syndicat avec une vision du monde propre. Il est alors d’usage pour les représentants syndicaux de parler avec les manifestants avant de leur confier les microphones, comme tout ce qui est dit est imputable à l‘organisation syndicale. Cependant, les syndicalistes ne font état que de très peu d‘abus, les soucis les plus graves relèvent des paroles qui s‘insèrent trop dans un contexte partisan ou qui vont un peu trop loin.
Oui, c’est un moment de partage, la manifestation, c’est un grand moment de partage.
On passe de cette idée d‘un échange à une logique d‘un partage. Tous les participants se retrouvent derrière le même mot d’ordre et partagent les mêmes motifs de contestation
Moi je dirais c’est un moment clé dans la manifestation pour les syndicats [...] c’est un mode d’expression, qui permet à tous les acteurs, les auteurs [...] les petits syndicats dans les entreprises de se retrouver, d’être solidaire, fin comment dire, n’être pas seul.
On trouve donc d‘une certaine façon des solidarités très spontanées entre les participants de cette action collective qui sont dues au fait des revendications communes :
Il y a une force absolue, c’est incroyable parce qu’on sent qu’on n’est pas tout seul, on est nombreux à partager la même volonté.
II. La musique, un ressort de la mobilisation
2.1 La programmation musicale
Au sein d’une action collective qui ambitionne de montrer l’unité d’un mouvement contestataire, est-il possible de déceler l’expression de singularités au sein de la manifestation ? Derrière l’union de façade nécessaire à la démonstration du rapport de force, n’y a-t-il pas des sensibilités propres qui s’expriment ?
C’est tout l’enjeu de la programmation musicale propre à chaque syndicat, car si les drapeaux, les vêtements, voire dans certains cas l’âge des manifestants permet d’identifier les syndicats, les chansons diffusées marquent l’identité des syndicats d’une façon plus diffuse en élaborant une « identité sonore ».
Chaque syndicat a ses mots d’ordre et ses chansons
Ce concept, emprunté au marketing, permet de comprendre comment un syndicat dont les motivations, revendications, positions politiques sont propres, fait correspondre à cette identité politique certains traits musicaux. En un mot, comment un manifestant qui serait seulement doté de son ouïe pourrait-il savoir dans quel syndicat du cortège se situe-t-il.
Un individu rompu aux activités de manifestation collective peut distinguer et reconnaitre sans encombre les syndicats qui défilent à la seule écoute des chansons diffusées. En effet, si certaines chansons se retrouvent chez plusieurs syndicats, ces derniers ont une identité musicale propre qui s’exprime surtout par la faveur accordée à un genre musical plutôt qu’à un autre. La FSU diffuse ainsi majoritairement une musique reggae quand Sud Solidaires a davantage recours à de la techno. Derrière les préférences musicales des programmateurs se cachent en réalité l’expression d’une « affinité élective » entre les valeurs essentielles, distinctives d’un syndicat et celles des musiques diffusées. Il ne faut jamais oublier également que les organisations qui sont en représentation font la publicité de leurs opinions, mais également la publicité d’elle-même. Le domaine syndical est aussi un marché où il faut recruter un maximum de sympathisants, a fortiori dans une période de déclin du syndicalisme. Le recours à une présentation de soi efficace passe alors notamment par une mise en valeur au travers de la musique.
Les syndicats se distinguent donc, entre autres, par la prépondérance accordée à un genre plutôt qu’à un autre. Ainsi, certains ont beaucoup recours aux chansons françaises, qui sont des chansons thématiques, où le texte a la primeur sur l’instrument, ce qui permet de faire porter l’attention sur le message. Historiquement, c’est le genre musical le plus vieux ce qui lui confère une certaine légitimité dans la lutte. Comme pour rappeler que les grandes victoires syndicales avaient déjà cette même bande-son.
Notre mouvement syndical a accompagné des grands moments de bonheur dans la société, comme les congés payés par exemple. Et ça je crois que ça marque profondément un type de syndicalisme et donc si il n’y a pas de chansons, et des slogans, les gens ils trouvent ça pas terrible. Il y a vraiment, il y a profondément ce lien, et puis nous sommes dans la rue pour une revendication.
Le syndicat révèle par là qu’il est historique, qu’il accompagne depuis un certain temps déjà les luttes sociales et que la preuve de son ancienneté est la preuve de son efficacité. D’autres donnent davantage leur faveur au reggae, ou au ska, qui sont des genres d’inspiration étrangère et très portés sur la contestation sociale, la lutte internationale. Enfin, d’autres optent pour la techno, un genre jeune, associé à une volonté modernisatrice, réformatrice. Cette attitude vindicative et ces positions plus radicales s’expriment par des rythmes plus rapides. Si l’on admet que l’expression de la colère s’effectue par un rythme soutenu et des basses lourdes, comme pour évoquer les tempes qui battent et le cœur qui résonne dans la cage thoracique.
2.2 Les chansons scandées
Les chansons reprises par les manifestants répondent également au souci de mobiliser au maximum les manifestants. Cet impératif de faire participer la foule se ressent dans le choix des chansons originales dont les paroles sont modifiées pour s’adapter au thème de la manifestation. En effet, les paroliers ont principalement recours à des chansons composées des décennies plus tôt, par exemple des chansons issues de la Commune. A l’importance d’éveiller le souvenir d’une mélodie connue chez les manifestants, s’ajoute la difficulté d’employer des chansons plus récentes qui sont souvent plus difficiles à chanter.
Cadre de l’expression des syndicats par excellence, les chansons n’ont pourtant pas pour but de donner des renseignements sur les mots d’ordre de la contestation mais davantage de distraire le manifestant en contribuant au caractère festif.
La chanson, c’est pour apporter un caractère festif, parce que comme dirait l’autre, on n’est pas des « social-tristes »
2.3 Les séquences rythmiques
Dernier type de production sonore, les séquences rythmiques contribuent avant tout à produire une ambiance festive et donne du dehors l’impression d’un joyeux brouhaha. Ces séquences rythmiques sont composées à l’aide d’un instrument capable de produire une note unique, cette dernière étant répétée à une cadence régulière. Si les battements de mains sont les plus utilisés, nombreux sont les manifestants qui impulsent un rythme au moyen de sifflets ou d’ensemble de percussion plus complexes.
Ces séquences rythmiques sont un élément crucial de réussite de la manifestation en tant qu’elles permettent à tous de participer musicalement. En effet, si tout le monde ne peut chanter, par méconnaissance des paroles, timidité, ou difficultés à chanter juste, taper dans ses mains est à la portée de tous. De plus, si l’on entend la manifestation comme une démonstration (le recours à l’anglais n’est ici pas inutile), de force, de cohésion, les séquences rythmiques sont des outils indispensables.
Cette fois-ci ce qui est extraordinaire par rapport à depuis des nombreuses années c’est le fait qu’elles étaient très dynamiques de la part de tous les manifestants c’est-à-dire que les manifestants que ce soient les syndicats d’entreprise ou les gens venus en famille soit ils avaient inventé des chansons soit ils avaient quelque chose pour faire du bruit parce qu’ils voulaient manifester le fait qu’ils étaient là. Et c’est ça, pour nous c’est un élément de puissance dans la mobilisation. L’engagement était très très fort déjà et voulait dire qu’ils ne voulaient pas cette réforme.
Elles produisent un volume sonore bien supérieur aux chansons chantées et, de plus, la gestuelle associée aux battements de mains donne une portée chorégraphique impressionnante pour le riverain qui passerait par là…
Conclusion
Certains mouvements de manifestation font ostensiblement l’économie d’un recours à la musique en prétendant créer un « silence assourdissant ». Ce dernier repose néanmoins sur les mêmes mécanismes que ceux observés lors de notre enquête: il s’agit de montrer la cohésion, l’unité et la discipline des manifestants. Dans cette perspective, la musique sert deux objectifs lors des manifestations: mobiliser les manifestants, c’est-à-dire faire en sorte qu’ils prennent part à des actions (battre des mains, chanter…), montrant ainsi la capacité de mobilisation des syndicats en vue de peser dans le rapport de force avec les pouvoirs publics ; rapprocher les manifestants des syndicats en permettant une interaction par des canaux moins ordinaires que la communication traditionnelle.
Au regard des conclusions de notre enquête, il nous est apparu que les méthodes qualitatives ont été le plus à même de faire ressortir les stratégies des organisateurs et de les confronter avec les motivations des individus.
Annexe 1: Bibliographie
Andolffatto, Dominique, Labbé, Dominique, Sociologie des syndicats, Paris, La Découverte, 2007.
Béroud, Sophie, Vakaloulis, Michel, Mouriaux, Réné, Le mouvement social en France : Essai de sociologie politique, Paris, La Dispute, 1998.
Courtois, Stéphane, Labbé, Dominique, Regards sur la crise du syndicalisme, Paris, Harmattan, 2001
Fillieule, Olivier, Lutter ensemble : Théories de l‘action collective, Paris, Harmattan, 2009.
Fillieule, Olivier, Tartakowski, Danielle, La manifestation, Paris, Presses Sciences Po, 2008.
Mouriaux, Réné, Syndicalisme en France depuis 1945, Paris, La Découverte, 2008.
Neveu, Erik, Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La Découverte, 2004.
Ribac, François, L’avaleur de rock, Paris, La Dispute, 2004.
Tartakowski, Danielle, Le pouvoir est dans la rue : crises politiques et manifestations en France, Paris, Aubier, 1998.
Sources électroniques
Hmed, Choukri, « Des mouvements sur une ‘tête d‘épingle’ Le rôle de l‘espace physique dans le processus contestataire à partir de l‘exemple des mobilisations dans les foyers de travailleurs migrants » ,Politix 2008/4, n° 84, p. 145-165.
Tartakowski, Danielle, « L‘individu et le collectif » , Le mouvement social, 2004/02, n° 207, p. 7-10 sur HYPERLINK « http://www.cairn.info/ »www.cairn.info le 29.11.2010
Tartakowski, Danielle, « Quand la rue fait l‘histoire » , Pouvoirs 2006/1, n° 116, p. 19-29. sur HYPERLINK « http://www.cairn.info/ »www.cairn.info le 29.11.2010
Annexe 2: Les personnes rencontrées
M. Michel Lafargue, Professeur en Centre de Documentation et Information au lycée Michel Montaigne, Bordeux, manifestant régulier
Mme. Valérie Bardou, responsable du secteur revendicatif pour la CGT Gironde
Mme. Lydie Delmas, ancien responsable du secteur « communication » pour la CGT Gironde
M, Gilbert Hama, syndicaliste et membre de Solidaires 33
Annexe 3: transcriptions des entretiens
Entretien 1
Conférence de méthodes : Etudes Politiques
LZ, numéro 1
Date : 10.11.2010
Lieu : Restaurant fleur du sel, rue des Augustins pour le déjeuner.
Enquêteur: Lisa Zoder
Enquêté : M. Lafargue, enseignant, manifestant
Prise de contact : rencontre lors de la manifestation contre la réforme des retraits, le 6 novembre 2010 à Bordeaux
Caractéristiques : une bonne atmosphère de conversation, l’enquêté est prêt à répondre les questions, même si parfois ses réponses ne sont pas forcément toujours directement liées à la question.
Particularités : l’enquêté a répondu souvent en s’écartant du sujet; souvent ce qu’il disait n’est pas directement lié à la question posée. Par contre, il propose des idées assez profondes et évoque des démarches possibles pour l’enquête.
Effets inattendus : le temps prévu était un peu court (l’entretien se déroulait lors de la pause de midi de l’enquêté). En plus, il était difficile de faire l’entretien pendant qu’on mangeait, problèmes techniques lors de l’enregistrement, au début un peu de nervosité,
Date de la transcription : 11.11.2010
Système de transcription
(-) Pause. – correspond à une pause d’environ un seconde
() Expression vocale, par exemple rire
[ ] Commentaires
LZ : Tout d’abord, l’enquête respecte les règles de l’anonymat et tout ça. Alors, commençons, tout d’abord : est-ce que vous manifestez régulièrement ?
E : Oui, tout, depuis –, tout depuis 1971.
LZ : Est-ce qu’il y a des sujets où vous êtes particulièrement impliqués ?
E : Oui, je suis délégué préventeur en mission de jeunes et sécurité comme c’est mon travail et donc – je suis ça c’est de point de vu interprofessionnel, dans ma profession, je suis membre de commission technique éducation physique donc de la CFDT, qui est la branche éducation de la CFDT. Donc à ce titre je connais un peu l’histoire de la pensée sur le corps à l’école, le corps au travail, le corps à la retraite
LZ : D’accord. Passons maintenant au sujet de notre enquête, la programmation musicale lors des manifestations. Est-ce que vous êtes d’accord avec la programmation musicale lors des manifestations, je veux dire en général ?
E : Ah oui, je trouve que c’est très original que c’est pacifiant, il y a de l’intelligence sociale et de la création et donc en arrière plan, il y a toute une dynamique de groupe. Voilà donc, fin pour moi la musique (–) sont les arts dans les mouvements sociaux, pour moi ça a deux fonctions, c’est une fonction pacifiante et c’est une fonction créative.
LZ : Est-ce que vous faites attention lors des manifestations aux chansons qui sont diffusées ?
E : [hésite un peu] Je fais attention, oui mais il y a du bruit pour faire attention il faut être près de l’origine sonore, je dirais et oui, bon, ce qui m’intéresse c’est le contenu, mais le contenu comment dirais-je, avec l’effet, je veux voir le sens à la fin. Parce que je suis pas dedans en fait, je suis pas dans la création, je l’ai été dans le passé, mais plus sur les slogans que j’avais inventés et avec des modulations, les intonations, les rythmiques à moi et donc là je m’intéresse au contenu après la manif.
LZ : D’accord, mais il y a aussi des chansons qui sont diffusées, qui servent plutôt à motiver les gens
E : Oui, je vois
LZ : Qu’est-ce que vous pensez de ces chansons, vous êtes d’accord ? Elles sont pas forcément liées à la manif, ce sont des chansons très connues.
E : Oui, « Tous ensemble, tous ensemble » il en y a certains où c’est un peu mythique, un peu illusoire. Mais, il en y a qui sont originaux, qui sont créés et je suis très attentif. Parfois je remonte les manifestations, je suis des slogans, j’essaie d’y écouter, parfois ça m’amène et je pars avec, je quitte je vais voir ailleurs et je trouve qu’il en y a qui sont intéressants. Il en y a qui sont un peu, ben, redondant (–) un peu rebardatifs, certains, mais il en y a que je trouve originaux dans le moment. Je m’intéresse à ceux qui sont plutôt créatifs dans le moment, parce qu’on retrouve dans les manifs des, fin des. (-) Il y a plusieurs choses : il y a des chants qui sont inventés par les manifestants et puis il y a des musiques qui sont diffusées par les organisations, bon avec des champs des mouvements sociaux, avec, qui ont une résonance historique, liés à la révolution, les chants poétiques de Paris, la Commune, bon et ça c’est vrai, là je me rends compte que je connais pas toutes, il y a des chants italiens, souvent aussi qui reviennent. Je me dis « Tiens, je connais pas celui, il faut que vais voir, peut-être qu’il y a des livres qui parlent de ça » ben voilà. Mais par rapport à votre première question, ce qui m’intéresse c’est, c’est, c’est les slogans chantés, crées dans l’instant de la manifestation c’est ça qui m’intéresse.
LZ : (–) Et, (-) est-ce que vous pensez qu’il y a une cohérence entre les thèmes des chansons et les objectifs de la manifestation ?
E : Pas toujours, fin, je suis pas sûr. Il y a pas toujours corrélation, mais là en occurrence sur les documents que je vous ai donnée : si, il y a une recherche en rapport avec l’objets de la manifestation. Ça a porté sur la réforme des retraits, il y a eu un travail, on peut juger que les chansons sont ringardes, mais il y a eu sur les refrains, pour les couplets, une recherche en rapport avec les thématiques et ca c’est vrai à la CFDF souvent, ben, je connais pas l’histoire de ce qui motive ces personnes mais en tout cas, je peux certifier qu’il y a une corrélation.
LZ : Et est-ce que pensez qu’il y a une différence entre les différents syndicats, qui diffusent, qui diffusent des chansons ? Vous croyez, que….
E : Oui, oui, il y a des différences.
LZ Et comment, vous voudriez expliquer.
E : Comment je voudrais les expliquer ? Parce que chaque acteur social a son idéologie et donc ce qu’il croit vrai et donc en fonction de cette vérité, les chants, les appels son en, en corrélation avec cette idéologie. (—) le « tous ensemble » par exemple, bon je dirais que c’est en corrélation avec (rit) avec une idéologie un peu, comment dire, on pense tous la même chose, on va tous ensemble vers ces buts, il n’y a pas de différences, et cætera bon c’est un appel et ça cache en arrière-plan ou c’est une intention qui cache des divergences. Moi, je suis conscient de ces divergences.
LZ : Oui, c’est intéressant (–) et selon vous quel est l’intérêt d’un fond musical dans une manifestation ? Et maintenant, je parle pas justement des, des chansons qui sont mises en slogan
E : D’accord, d’accord fond musical,
LZ : Des chansons connues, qui sont diffusées, tout ça.
E : Ben, à mon avis, c’est pour une bonne ambiance, pour mettre en perspective, une idée poursuivie, (–) et puis (—) l’appartenance d’un groupe social à cette idée ou l’appartenance ou l’intention de faire adhérer le groupe, le groupe social interne, mais aussi externe. C’est-à-dire, une manifestation, par exemple la deuxième manifestation sur les huit qu’il en a eu, il y a une, ou la première, il n’y a pas d’entrée des gens qui sont sur les cotés et en fait en fonction, il peut y avoir un effet, l’effet de « Âllo » qui attire les gens bons (– —) qui positionnent un peu les syndicats dans cette recherche de créativité. C’est que, comment dire, derrière la présentation de ces chansons, de ces musiques, il y a un arrière-fond, et donc dis de faire connaître. Mais bon, comme les gens sont généralement silencieux, c’est-à-dire, c’est grave et donc, il’y a, il y a une concentration, derrière il y a un espèce de recueillement et je pense que derrière les musiques qui sont envoyées par les baffles, les camions, il y a peut-être, peut-être, j’en sais rien, c’est l’idée de couvrir un silence, de donner sens à un silence, parce que c’est (—) quand même quand les gens font grève c’est grave. (–) Donc s’il y a des moments où les gens, fin les acteurs de cette manifestation ont les slogans en liaison avec l’idée et il y a des moments où il n’en y a pas. Et donc c’est pour donner une idée d’alliance (–) et puis c’est peut-être aussi pour calmer les virilités (–) pour aller vers la danse qu’il y pas de mouvement qui dérive, un espèce de champs derrière lequel les gens se suivent, comme un son dans un ballet, c’est un repaire, (—) et bon il faudrait questionner les gens, à mon avis, pour avoir une réponse plus précise, il faut demander aux gens qui font les programmations, pour connaître leur intention.
LZ : Oui, on va faire ça aussi,
E : D’accord.
LZ : Pour cet entretien il est plus intéressant de, de voir votre perception de tout ça…
E : Oui, ma perception, je me trompe peut être complètement, je suis dans l’erreur complète.
LZ : Ben, non mais c’est cela qui nous intéresse aussi, de voir, à la fois de parler avec les gens qui font la programmation et de voir ce qu’ils disent et après les manifestants de voir si c’est le message que eux ils voulaient (–) transmettre, est-ce que c’est la même perception au sein des manifestants.
E : Là par rapport à ce que vous dites, je crois que à la CFDT face à, au silence des manifestants, je pense qu’il y a une tolérance à l’expression, mais de dire en groupe ce n’est pas si facile que ça et donc la musique, ce que je vous disais ça couvre peut-être le silence c’est impossible à dire. En tout cas, à la CFDT il y a une grande liberté d’expression. Et bon et puis dans le groupe, ben oui, je crois que les gens s’écalent par rapport à l’objectif de la manifestation, soit dans ce qui est écrit ou soit dans ce qui est dit. En tout cas il y a un espace de liberté, c’est un espace de paroles dans un moment très important ou de dire sur le problème qui est soulevé par la manifestation, c’est un moment d’échange. Donc, il y a ces moments d’expression, je dirais un peu groupale groupale, mais il y a aussi beaucoup de discussion. Donc, moi je dirais que la musique est un moyen d’expression, mais c’est pas le seul. C’est un des moyens.
LZ : D’accord. Est-ce que vous direz qu’en général, vous connaissez les paroles des chansons ou pas trop?
E : Non, mais je connais pas, justement c’est pour ça qu’il y a la diffusion des tracts pour abandonner dans le sens de celles et ceux qui sont mis devant les épreuves de rédiger qui en couplet, qui en refrain en rapport avec les objets de la manifestation.
LZ : Vous avez dit que vous manifestez depuis longtemps, est-ce que vous croyez qu’aujourd’hui il y a mois de tracts qu’autrefois, parce que nous avons parlé avec des gens qui nous ont dit que c’est une technique qui est en train de mourir un peu.
E : Si je vous dis que, dans la dernière manifestation, je me suis inventé une pancarte,
dans laquelle j’ai prévu, c’était un classeur ouvert que j’ai fermé avec une pince à linge justement, pour récupérer les tracts et les lire après. De même, j’ai fait la lecture des thèmes en chanson, je récolte tout ce qu’il y a à récolter, aller regarder. C’est un peu comme quand j’ai décidé de choisir un syndicat, j’ai fait la lecture de ce que me présentaient les syndicats et là je continue à faire une lecture critique, je regarde et donc que dire qu’il en y a moins je crois pas. Là lors de la dernière l’UMPA qui a distribué des millions de tractes, (–) fin surtout des partis politiques, et nous (—) les tracts en fait, ils sont diffusés aux membres par électronique. C’est-à-dire qu’il y a un système si vous voulez, l’appel à la manifestation est diffusé par internet.
LZ : D’accord.
E : Donc moi, je les tire pour les mettre sur le panneau affichage mais en tout cas dans les syndicats, ou je préfère le tirage c’est la meilleure possibilité pour diffuser aux membres de l’unité de travail, là où je travaille, donc maintenant il y moins de papier parce que les gens payent conscience, il y a une gestion durable, je dirais, des tracts.
LZ : D’accord.
E : Parce qu‘ une pensée durable, c’est une pensée durable. Il y a une réflexion, il y a des différents colloques sur le comment se situer par rapport au développement durable, donc l’internet remplace le papier.
LZ : D’accord. Et vous arrive-t-il d’être dans un cortège qui chante et que nous chantez pas ?
E : Ben oui, au début je suis un peu étranger à ce qui se passe et puis il faut aller vers la caisse de résonance, vers les auteurs de la musique, des chants et là, la dernière fois, il m’est arrivé de chanter. Fin parce que j’étais accueilli avec ma pancarte, vous savez, celle que vous avez vue et donc l’animateur a lu devant tout le monde ce que j’avais écrit et en fait c’est une forme d’invitation. C’est-à-dire qu’il y a un jeu. C’est-à-dire dans l’animation il y a un jeu de lecture, d’expression, de revendication par la parole, en occurrence sur les retraits c’était, le responsable régional, c’est une tête pensant sur le sujet, parce que le sujet des retraites est relativement complexe. Donc cette personne avait le micro pour expliquer au moment de la manifestation pour expliquer la chose qui est revendiquée, pour exprimer le problème qui est posé et pour expliquer pourquoi l’organisation se positionne comme ça. Donc, il y a ça une expression par la parole, et puis il y aussi autour de cette animation puisqu’il y a un micro, donc il y a des personnes qui ont inventé qui ont travaillé et donc là ils vous invitent à chanter avec. Donc là je me suis mis la dernière fois à chanter. Oui bien sûr, j’aime bien ça. (rit)
LZ : (rit) Et parfois il y a aussi le contraire que vous chantez pas, pour des variés…
E : Fin il y a aussi des moments lors de la manifestation où vous rencontrez les gens que vous avez pas vus depuis longtemps, et c’est un espace de liberté et la rue offre justement ça, la possibilité de créer des espaces dans lesquels les gens rentrent viennent vous voir parce qu’ils sont sur les trottoirs et là ils viennent. En fait, c’est un déco, il y a des camions avec la caisse de résonance. Et justement par rapport à ça, la dernière fois, en revenant au syndicat, j’ai rencontré des jeunes. Et moi j’avais écrit « jeunes enseignants faisant grève » et moi, je trouvais qu’on pourrait imaginer des modes d’expression où les jeunes justement avec leur mode de revendication qu’ils ont pour les oreilles, qu’on pourrait imaginer (-) des chansons plus adéquates à la revendication, des raps et tout ça. On pourrait imaginer des orchestres qui jouent, on pourrait imaginer ça. (-) Mais fin, j’aime bien, parce que moi ce que j’aime bien c’est cet espace de parole, de liberté, mais du silence aussi. C’est-à-dire, dans votre posture vous êtes libre, ça c’est important. Donc, j’essaie, on peut faire des choix, des rencontres, d’amitié, une discussion sur le fond : « Pourquoi tu as dit ça, pourquoi tu as écrit ça ? »
LZ : Vous arrive-t-il de faire du play-back, de bouger les lèvres sans véritablement chanter ?
E : Du play-back ? Fin c’est un peu comme à l’église, vous voulez dire ? Fin non, non. J’entends le son, je me dis ben c’est une chanson quand même c’est un peu ringard, mais bon. Play-back vous voulez dire faire semblant, quoi ?
LZ : Oui. Ça peut avoir des raisons toutes simples, par exemple, parce que vous avez pas bien compris les paroles, donc vous êtes pas sur quoi dire ou
E : Ah oui, tout à fait.
LZ : Ça pourrait aussi être, je suis en désaccord avec ce qui est chanté en ce moment-là, mais je suis quand même dans le cortège. Ça peut avoir des différentes raisons en fait.
E : Oui, ben, j’entends fin, la dernière fois, je suis allé voire ce qui disait les refrains, mais c’est vrai, j’étais dans le, comment dirais, (—-) je murmurais les sons, mais sans connaître les paroles, donc si c’est du play-back, oui. Fin, la dernière fois, j’ai vu une sensation, je trouvais un peu ridicule et finalement je me suis senti bien. Donc en fait, le chant favorise ça au niveau du corps, il peut y avoir des changements d’émotions. (—) Vous pouvez ne pas être d’accord et puis à un moment donné, et finalement il y n’y a personne que vous connaissiez, et vous pouvez être entraîné.
LZ : Oui, (—-) est-ce que ça vous arrive de refuser de chanter une chanson ?
E : De dire, non, non ?
LZ : Oui vous êtes dans le cortège et vous pensez justement, an non, cette chanson je vais pas la chanter.
E. Oui j’écoute, je préfère écouter, mais je dis pas non, mais j’écoute.
LZ : (rit) Et quand vous refusez de chanter une chanson, ça a des raisons, par exemple (—)
E : Ben,
LZ : Par exemple, vous êtes en désaccord avec les paroles ou la chanson va trop loin ça relève un peu du mauvais goût, fin des choses comme ça ?
E : En fait ce que vous dites là, c’est un peu ça, au fait c’est pas simple de poétiser dur une revendication, et donc des fois je trouve ça un peu banale, mais je me dis fin «les personnes disent ça ». J’ai une tendance péjorative, puis enfin quand j’écoute, je me dis « fin il a fallu le faire, il a fallu le dire », mais ce n’est pas facile. Mis je rejette pas. Donc, fin (—) dans un premier temps, je pourrais dire non, mais en fait je vais voir après je me dis « oui, ce qu’ils disent c’est juste quoi. » donc c’est pas, une chanson, je veux dire, il y a une chanson sur deux, Edith Piaf, alors vous avec dans votre tête la musique et les paroles d’Edith Piaf et donc évidemment (–) des mots partaient sur une musique vous aviez été conditionné pendant longtemps à entendre. Donc comme ça, ça peut vous choquer. Tiens de dire, non dans un premier temps mais après la création qu’il y a derrière non, ce n’est pas ridicule. (–) Non, je rejette pas, pour l’instant, je (—–)
LZ : Et, est-ce que vous accompagnez la musique des battements des mains ?
E : Ah, oui, ça, (tape dans ses mains) on a des rythmes à marchant, ça peut être des frappes. Ça peut être les (–), on est dans le sud-ouest : On aime bien les castagnettes, donc il peut y avoir des sifflets. La mise en jeu du corps dans l’accompagnement, ça peut être par les sifflets par la bouche. J’habitais dans les montagnes, moi j’ai gardé des vaches quand j’étais petit, donc je sais siffler, donc je siffle, ou oui, ça peut être des battements aussi. Le jou au corps, c’est un peu banal, c’est ça où ça m’énerve : « quand tu aimes la joue au corps, frappe tes mains » donc oui, ringard, on reprend des trucs, je trouve que c’est un peu automatique quand même, c’est un peu conditionnant. J’aime bien être déconditionné, c’est pour ça que je garde (—) en mode d’expression, pour moi, c’est la parole du corps, donc j’écris des choses et je veux échanger là dessous. Bon, il m’est arrivé de me mettre en scène dans une forme de clown, de jouer quelque chose, c’était sur un sens, une idée, soit une représentation du problème. Donc, il n’y a pas que les mains je veux dire.
LZ : oui.
E : Les mains font partie du corps, c’est vrai ça couvre les trois quarts du cerveau, mais, bon la dernière fois, je les ai représentés sur forme symbolique par des gants, soit ouvertes ou fermés.
LZ : Et en règle générale, vous diriez que vous êtes plutôt à l’origine de la cadence, ou vous suivez plutôt le rythme ?
E : les deux (rit) j’essaie d’être acteur et actant, actant quand le suis et acteur quand je peux faire quelque chose. Mais il me semble dans ce qui se passait la dernière fois, je suis pas acteur dans la création musicale, et ni dans la musique ni, dans les paroles, je ne l’ai été, donc je suis qu’actant là en occurrence.
LZ Oui, mais le rythme et la cadence c’est un moyen facile de changer de rôle.
[Problème technique d’enregistrement, donc répétition de la dernière question]
LZ : Ça vous dérange si je vous pose la dernière question encore une fois, je suis pas sur si ça a bien enregistré.
E : Oui, oui bien sûr.
LZ : Êtes-vous plutôt à l’origine de la cadence, ou vous contentez-vous vous plutôt à suivre le rythme ?
E : Ben en fait, il y a des moments où je suis tant qu’il y a une cadence un rythme, sinon ce que je vous disais, ce que je trouve intéressant, c’est la rythmicité en fait, vous la créez vous-même en fonction de cet espace de liberté en fait. On peut être dans un groupe en chantant en fait vous êtes en training, mais si vous êtes emporté par une discussion ou bien vous essayez d’aller à des rencontres où il y a la parole parce que c’est justement là ou il y a de l’intérêt, la parole la communication ce qui est une interrelation en faite elle est peu contrecarré. Si vous voulez, dans la manifestation il y a de la musique, mais il n’y a pas que ça, il y a beaucoup de moments, d’expression variée et cette diversité en faite par. Moi, je me contente pas de suivre, moi je suis acteur aussi dans des [...] que je tiens, l’échange que j’ai avec des autres. Mais il m’arrive comme je disais, d’être auteur d’une gestuelle, d’une danse, d’accélérer pour voir quelqu’un, de me retourner, fin je peux jouer, je peux jouer avec mon corps, ma pancarte, tout comme je (—-)
LZ : Oui, et par rapport á l’intensité de la manifestation, est-ce que vous pensez qu’il y a des variations qui sont liées à des lieux qui sont parcourus ?
E : Ben, oui, oui,
LZ : Par exemple quand on rentre …
E : Oui sur la place, on s’y regroupe et puis, ou qu’il y a des espaces qui se libèrent. Je dirais même que l’art, l’art qui est le nôtre, c’est de créer ces espaces de liberté. Ça veut dire si l’espace est contraint, justement d’allonger les choses, de créer des espaces libres, pour ne pas être serré. Non, je n’aime pas la contrainte par corps, donc oui dans la manifestation il y a ça. On pourrait imaginer des musiques contraignantes où les corps sont groupés, moi je n’aime pas ça. Donc je fais tout pour distendre les choses pour qu’il y ait une liberté de mouvement. (–) Et donc il y a même les corrélations entre le mode d’expression et l’espace. Si vous êtes photographiés par un monsieur de renseignement généraux, vous seriez pas la même posture ou si vous êtes caché, vous êtes maquillé vous allez jouer, jouer un peu, vous prendrez en ridicule le gendarme, photographe, pour provoquer, il faut jouer les statuts de l’ordre en faite. (—) Donc ce qui est important en fait, (—) le mouvement humain, comme je distends un peu de la gestion des groupes et tout, j’aime bien qu’il y a (—-). J’aime pas qu’il y a la contrainte, j’aime bien qu’il y ait la liberté et aussi la responsabilité (-) et de la créativité, je suis tout pour des, comment dire, pour que moi-même et fin les autres, qui sont autour de moi soient livrant.
LZ : Est-ce que vous pensez que des variations sont aussi liées à des lieux, parce qu’on s’est posé la question quand on passe dans un quartier plutôt riche, ou quand on passe devant l’Hôtel de Ville, est-ce que croyez que là, il y a une certaine variation ?
E : ben, tout à fait, j’ai une expérience d’un sit-in pacifique devant la mairie, c’était, il y a un moment pour l’égalité entre hommes et femmes, fin des combats du passée qui reviennent. (–) Quelque chose qui m’a impressionné en dernière manifestation c’est qu’il y a eu, des modes d’expression des manifs ça dépend de la présence policière en faite. S’il y a une concentration, ça entraîne un énervement, en bon tien il y a des gens aussi, qui ont des enceintes et qui font du bruit, la musique ça peut être aussi des pétards et tout ça. Nous, c’est pas notre cas, j’ai rarement vu ces activités. Les gens qui font éclater des pétards, comme la dernière fois, il y a des lieux, comme la bourse, il y a un lieu qui est constitué là récemment, c’est bon les parkings souterrains, les gens qui ont fait pété des trucs dedans et surtout autour de la bourse. Là, il y a un enjeu, c’est un enjeu, la bourse, ça représente l’injustice sociale aujourd’hui. Et donc on peut imaginer que les banques qui sont [..] la bourse, il y a eu une focalisation un peu d’une variation, de la rythmique de la manifestation là. Mais à mon avis, votre question, les acteurs qui ont réfléchi le parcours, ont pensé à ça. Donc je dirais que c’est la police, la municipalité, les acteurs de la sécurité. À mon avis, tout ça c’est pensé avant, ça veut dire qu’il y peut-être une réflexion dans la direction syndicale mais sans doute aussi dans les services, ça je peux pas le dire. En tout cas, oui, il y a une corrélation. Je me souviens de Paris, à Paris, dans les manifestations pour la laïcité, il y a des quartiers où on passait où les gens regardaient par la fenêtre [..] mais aussi aujourd’hui dans l’accompagnement, c’est-à-dire, c’est pas, je trouve ça bien parce que en faite quand on est regardé aussi, il y a un jeu de regards avec l’externe, il y a nous qui nous voyons à l’intérieur mais on est regardé. (–) Et même dans (–) je voulais vous dire quelque chose, j’ai l’impression que (rit) les acteurs à qui s’adresse la manifestation et là en occurrence le gouvernement, il ont leurs (—) ils sont des acteurs pour suivre les slogans, regarder ce qui est la dynamique externe et interne. (–) Mais pas que les chants, mais penser et donc il y a des gens qui travaillent un peu les manifs qui sont, qui font croire aux manifestants qu’ils le sont pas, mais qui sont là pour interroger. Donc aussi la rythmicité des manifs, elle est aussi travaillée de l’extérieur. Fin je ne suppose qu’il ait une réflexion, une réflexion interne sur comment pacifier dans les services de l’ordre et tout ça fin je connais ça à la CGT, il y a des gens qui sont là pour fin. (—) Fin on n’est pas là pour détruire, on est là pour construire, vous pouvez imaginer pour élever, pour leur dire des choses du réel ou sentir les choses. Donc il faut passer par le symbolique, donc signifier par les symboles ce sont les chants et les slogans, des paroles de ce qui nous anime. Le but, le but c’est pas (—) bon la musique c’est un des aspect, la cadence de la manifestation ben, (rit) c’est en fonction de ce qui se passe dedans dans la manif. Moi je dirais c’est un moment clé dans la manifestation pour les syndicats (—-) comment dire, c’est un mode d’expression, qui permet à tous les acteurs, les auteurs, les acteurs, les petits syndicats dans les entreprises et tout ça de se retrouver, d’être solidaire, fin comment dire, n’être pas seul. Donc voilà, c’est ça. Après dire que, que il y a une stratégie de contrainte, je pense pas, mais bon fin, peut-être. Mais là il faut demander aux politiques, aux renseignements généraux, il faut demander à la police, il faut demander aussi aux acteurs qui vont négocier les parcours. (—) J’imagine que tout n’est pas programmé, heureusement, en tout en ce qui me concerne, moi je suis pas programmé dans ne manif, ni pour les chants. Bon je sais pourquoi je viens, j’essaie de créer un rapport avec le problème qui est sous-jacent. (——) Fin peut-être je peux conclure là-dessus, les manifestants ne sont pas des objets, ce sont des personnes qui ont des réflexions, de mon point de vue, il faut pas les prendre pour des gens manipulés,
LZ : Non, non, c’est pas notre intention.
E : Oui, mais il pourrait en avoir. On pourrait dire que le pouvoir politique voilà qui dirige, bon fin nous sommes dans un procès de création et ils nous emmerdent, ces imbéciles ils ne comprennent rien. Non, non les acteurs sociaux, ce sont des gens qui ont des réflexions. (—) les politiques […] Démocratiquement on dispute, et voilà chanter des slogans pas forcément bêtes. Je dirais qu’il y a une musique, une harmonie générale, on peut être dessolant, mais on peut être en résonance. En tout cas, il sort quelque chose, il y a une résonance humaine (–) entendue ou pas entendue. Ça, c’est le problème de sortie-ecoute, tu veux pas entendre. (rit)
LZ : Je crois que je vous ai demandé toutes mes questions. Sauf si vous avez quelque chose à ajouter dont on a pas parlé qui vous semble intéressant ou important.
E : Ben, je suis allé en Québec en 1981 et il y a eu un mouvement au mois de mai un mouvement social et j’étais á une manifestation où il y avait des concerts avec beaucoup de musiciens, il y avait beaucoup de revendication sur l’égalité tout ça, et puis avec la CFDT, [..] il y a eu un concert, je suis dans la CFDT il y avait un congrès avec de la musique et ça pourrait être intéressant de voir comment ils organisent ça avec la culture (–). Et je sais que la CFDT, si vous allez à Paris, bon il y a un espace culturel à Belleville il y a un espace culturel et moi même j’ai vu une exposition qui honore le travail des ouvriers dans le […] qui est en Gascogne c’est une exposition qui a intéressé le Brésil, le Vietnam et la France et j’ai fait venir cette exposition à Paris et fin j’ai cherché un lieu et ça s’est fait dans un lieu syndical. Donc, dire et si vous regardez les revues, je vous ai amenée une le peux vous donner la revue de la CFDT, il y a toujours dans, dans (–) des pages culturelles, il y a des Cds qui sont présentés, voilà. Donc, voilà, je dirais que votre questionnaire, je pense qu’il ouvre, je peux parler d’une ouverture à quelle passe dans la culture de notre pensée. Moi, voir c’est une gravure d’un artiste, qui vient donc à Bordeaux et c’est un monsieur avec qui je me suis bien entendu, on avait récupéré sur les tables des congrès tous les scènes qui parlaient de l’affaire libre et lui il fait une gravure, et moi j’achète cette gravure (—–) Voilà donc la musique adoucit les moeurs, pour votre question. Je pense que parce que la violence sociale, fin ben, l’idéal c’est de manifester par ce succulent après vous avez des musiques, ou des références musicales ça peut être avec ça aussi, mais il peut y avoir des musiques qui peuvent inviter à la [..] des mouvements, à monter une force, bon je veux pas exclure, mais fin je pense que la CFDT ne fait pas ça. A un moment où vous êtes acculé, bon quelles sont les musiques qui résonnent avec l’angoisse, l’indulgence, oui. C’est vrai que les, les gens qui animent qui organisent peuvent avoir besoin de ça. Mais à mon avis il faut aussi réfléchir, mais chez nous, je crois qu’il y a une réflexion avant de, oui je pense qu’on fait pas n’importe quoi. Voilà ce que je voulais vous dire. Maintenant je pense que votre enquête est très intéressante pour (—) sur l’enregistrement, mais oui il y a d’autres modes des manifestations et c’est vrai que les modes des manifestations sont culturels comme ça à mon avis, après ce qui avait lieu à Paris avec Ariane Mnouchkine, le théâtre qui est venu, fin je veux dire il y a différentes manières de mettre son corps à jeux pour dire des choses. (—-) Et ce qui me semble important c’est qu’il y a différentes manières d’expression puissent encore exister et puis peuvent être réinventés, je dirais dans la musique, dans le théâtre, dans le chant, la danse voilà ou plutôt se laisser sur l’expression ouverte. Voilà ma conclusion.
LZ : bon, merci
Entretien 2
Enquêteur: Colas Zibaut
Enquêté : Gilbert Hama
-On va commencer simplement par rappeler votre rôle au sein du syndicat.
-Ca marche, oui. Eh bah mon rôle, je suis membre du bureau de Solidaires 33. C’est le regroupement de tous les syndicats Sud dans les entreprises qui se réunissent pour former une sorte de bureau…. De collectif qui permet de coordonner les actions avec les autres syndicats. Parce que chez nous, on est pas constitué de la même manière que les autres syndicats. Les autres syndicats sont départementaux, sont régionaux, sont fédérés, sont confédérés, nous on a pas de confédération. On fonctionne sur le fédéralisme, c’est-à-dire que chaque syndicat de sa fédération est autonome par rapport à l’ensemble des syndicats.
-Il y a une organisation nationale ?
-Oui ? elle s’appelle Solidaire, mais elle n’est pas comme la confédération un chapeau hiérarchique, c’est juste un regroupement de toutes les fédérations pour coordonner les actions avec les autres organisations, mais on n’est pas lié par elle, c’est-à-dire que si la nationale décide quelque chose, nous on peut décider autre chose.
-Et en l’occurrence, quel est votre rôle dans Solidaires 33 ?
-Alors mon rôle dans Solidaires 33 c’est d’animer le collectif avec d’autres copains.
-Vous avez un rôle d’animation alors ?
-D’animation, d’aller au réunion, par exemple cette après-midi on a une réunion intersyndicale concernant la préparation de la journée du 23, donc c’est moi qui vient avec un autre copain. Alors on y va, on assiste, on tient compte de ce que nous disent les autres fédérations. Par exemple je reviens de Sud-PTT, qui vient de me dire que pour le 23, il voudrait que ce soit une journée d’action et de grève, et non pas un truc multiforme comme ils disent où chacun décide de ce qu’il veut.
-Qu’est-ce que vous entendez par multiforme ?
-En général, quand les confédérations proposent une journée d’action multiforme, c’est que c’est par forcément la grève, çà peut être des rassemblements dans un lieu précis, devant la préfecture, comme devant certains autorités comme le MEDEF. Ce n’est pas forcément la grève. Et Sud-PTT viennent de me dire qu’ils se sont réunis entre eux et qu’ils viennent de décider une journée de grève et de manifestation.
-On peut revenir à comment s’effectue le choix des chansons lors des manifestations. Je crois avoir le souvenir que c’est vous qui êtes en charge.
-Pas forcément, on l’est tous, mais c’est vrai que c’est moi souvent qui amène les morceaux. Alors, je choisis bien sûr en fonction de la manifestation. Si c’est une manifestation sur les sans-papiers, on va choisir des chansons très engagées dans ce domaine là. Par exemple Tiken Jah Fakoly qui chante « ouvrez les frontières, ouvrez les frontières ».
-Et à ce propos, je me demandais si vous n’aviez pas de barrières en fonction du genre musical ?
-Aucun
-Aucun ? Parce que les manifestants qui composent la manifestation sont souvent assez peu à avoir connu le reggae, ou le ska des années 2000. Je me demande alors s’il n’y a pas d’appréhension à passer un tel genre ?
-Non, aucune. On passe les titres qu’on pense être bons et en fonction de ce que les gens nous disent, on sait que çà plait ou çà ne plait pas.
-Vous avez des retours souvent sur vos chansons ?
-Oui, oui. Ils viennent nous voir : »Qui c’est ? Je connais pas. » Par exemple dans la manifestation, un moment donné on avait Zebda.
-Qui d’ailleurs après observation de plusieurs manifestations est un grand classique.
-Voilà, et donc au début quand Zebda a sorti son disque, qui n’était en fait pas au titre de Zebda, mais de Taki Collectif, c’était des chansons assez engagées qui ont eu beaucoup de succès. On a par exemple actuellement un groupe qui passe souvent dans les manifs, je ne sais pas si tu as entendu, c’est Los Fabulos Troubados : « Il nous ment, il nous ment, il raconte des boniments.. ». C’est une chanson française occitane.
-Vous qualifierez çà de « chanson française » ?
-Oui, occitane
-Un peu dans la lignée de Noir Désir, de Manu Chao ?
-Oui, Manu Chao on le passe souvent dans les manifs. Il y a aussi Yves Jamet : « Y’en a qui n’auront jamais de problèmes, y’en a qui seront jamais dans la merde ». Et donc ce sont des chansons qu’on écoute, qu’on nous conseille quelquefois.
-Et est-ce qu’il vous arrive d’être en désaccord avec les chansons qui passent ?
-Oui, çà arrive qu’un copain passe un morceau avec lequel on n’est pas satisfait. Soit parce qu’il est trop violent, soit trop hard, soit des paroles qui sont assez… assez. Euh.. insultantes, vis-à-vis des manifestants.
-Des manifestants ?
-Oui, çà arrive, mais bon çà après on ne le passe plus quoi.
-Et par rapport à cette censure, vous arrive-t-il de passer des chansons produites par les grandes industries musicales ?
-Oui, absolument, çà nous arrive mais après s’il faut que le contenu corresponde à un morceau engagé.
-C’est rarement le cas.
-Manu Chao quand même, il est dans les grosses productions. On n’a pas d’interdit vis-à-vis de ceux qui produisent les disques, on a simplement des interdits vis-à-vis de ce qui est dit dans le disque. Par exemple, tu n’entendras jamais un Johnny Halidaye (sic) dans notre manifestation.
-Parce que çà c’est typiquement un produit de l’industrie musicale.
-Oui, et puis c’est de la daube.
-Alors qu’un chanteur tout aussi populaire mais qui ne s’adresse pas au même public comme Renaud passe régulièrement.
-Bah il passe oui !
-Donc il y a bien une attention particulière avant tout aux paroles. Comment est-ce que vous hiérarchisez les chanons ?
-On hiérarchise en fonction de la manif. Si c’est une manif sur les sans-papiers, on va choisir des chansons assez « orientalo-rythmées », un peu de raï, un peu de Zebda, un peu de slam, Tiken Jah Fkoly. Si c’est une manif sur l’immigration, on va plutôt choisir des textes engagés africains. Il y en pas par exemple qui sont en production très limitée. J’en ai passé par exemple dernièrement devant le commissariat, c’est un mec qui dit « Moi je suis un négro, et pourtant je suis beau, j’ai un gros nez, peut-être, mais ma mère est contente de moi ». Donc il chante en Congolais, puis il revient. C’est un artiste que je connais par Internet, par relation. Et ce que je voulais te signaler quand même, c’est que je m’occupe d’une radio associative, doc je suis çà de près. Il y a une chanson par exemple qui s’appelle « on ne lâchera rien », qui est passée sur Internet, on l’a récupéré et on l’a passé. Et celle que tu as écoutée l’autre jour, c’est casse toi pauvre con, et çà a été pris sur Internet.
-Et par rapport à ces chansons que vous prenez sur Internet, vous n’avez pas de problèmes de droits d’auteur ?
-Non
-Parce que les personnes que vous diffusez sont en général favorables au mouvement ?
-Non, pas nécessairement, mais jusqu’à présent, on n’a jamais eu de problèmes avec la Sacem, ni avec les personnes en question.
-Jamais ? Mais quand vous passez Renaud, vous n’avez pas de problèmes avec la Sacem ?
-Non, par contre à la radio, oui. Quand on organise un concert, oui la Sacem nous taxe.
-Mais comment vous arrivez à gérer çà ?
-On ne gère rien du tout, on met la musique et puis on voit. Si un jour la Sacem vient nous voir on en discutera. Pour le moment, ils ne sont jamais venus. Je pense qu’ils ne toucheront pas les manifs. Ils n’oseront pas. Parce que s’ils nous touchent, on va directement chez eux et on leur fout le bazar.
-Parfois il y a-t-il des désapprobations de la part des manifestants ?
-Oui, ils viennent nous voir : « tu nous fais chiez, c’est trop violent, on ne s’entend pas, baisse »
-C’est vrai que j’ai observé que plusieurs personnes portaient des boules quiès lors des manifestations.
-Oui c’est à cause des vuvuzelas.
[Interruption téléphonique]
-Je voulais savoir si parfois vous êtes amenés à commanditer des chansons ?
-Non
-Parce que j’aimerais savoir comment une thématique propre, ici la réforme des retraites, peut être intégrée à une chanson et donc déborder le cadre du panel de chansons habituellement utilisées lors des manifestations.
-On cherche sur internet « réforme, retraite, engagée », çà nous plait, on achète, ou des copains nous prêtent, mais çà reste toujours en cercle fermé, c’est des copains qui nous prêtent un disque , on le copie.
-Eventuellement vous le récupérez dans des manifestations qui ont lieu dans d’autres endroits de la France ou ce n’est pas du tout centralisé.
-Non, ce n’est pas centralisé du tout, ce qui est centralisé c’est ceux qui sont au micro, avec des chansons. On a un cahier qui a été établi par nos fédérations.
-Il y en a un pour chaque nouvelle vague de manifestations ?
-Oui, en gros oui
-Et qu’est-ce que vous pensez par rapport à ces chansons qui sont fortement ancrées dans le temps ? Pourquoi on n’intègre pas des nouvelles chansons ?
-Parce qu’elles sont très difficiles à chanter. Mano Solo, tu ne peux pas le chanter. Renaud, par exemple, il est facile à chanter. Mais on a par exemple à Bordeaux une chorale qui vient parfois à la manifestation et qui nous chante ce genre de chanson. C’est rythmé, quand ils chantent Mylord, c’est bien, nous quand on chante, il y a des couacs.
-Quelle signification a pour vous l’utilisation récurrente de l’accordéon dans ces manifestations ?
-Parce que les chansons sont liées au populaire, à une certaine culture. L’accordéon est un instrument très populaire en France dans les années de lutte, c’est le piano du pauvre.
[extrait du Le Piano du pauvre, de Léo Ferré]. Aujourd’hui il y a les Têtes Raides, le problème, c’est que c’est un groupe très dur à chanter, parce que d’abord la voix est criée, elle n’est pas chantée, et qu’ensuite elle est décalée par rapport à la musique, c’est pour çà que c’est très difficile à chanter. C’est dommage, parce qu’ils ont de belles chansons. De plus, les vieilles chansons, elles sont connues. Et comme notre public a quand même un certain âge, il faut le dire, il y a très peu de jeunes qui manifestent, alors on reprend ces chansons parce que c’est de la chansonnette facile [extrait de Mylord, d’Edith Piaf], c’est génial, c’est une sorte de valse.
-Qu’est-ce qui vous semble le plus mobilisateur dans une chanson ? Notamment quelle est l’importance du rythme de la chanson, parce que c’est une composante importante et plusieurs organisateurs nous ont dit que le rythme influait beaucoup sur le moment de la manifestation où la chanson était diffusée.
-Absolument. Je pense qu’on ferait passer une valse, çà ne dynamiserait pas. On passe des chansons particulières selon le lieu. Par exemple dans une manifestation pour l’école, quand on passe devant le rectorat on met musique, voilà. Samedi, on s’est arrêté devant Virgin, parce qu’on sait que Virgin ferme Mérignac, donc on a passé une musique rythmée devant Virgin en criant « non, non aux licenciements ».
-Est-ce qu’il y a des chansons de la manifestation qui sont diffusées lors du passage dans des lieux particuliers ou est-ce que davantage lié à des moments ?
-C’est des moments, pas des lieux, des moments-lieux
-Virgin, c’est un lieu.
-C’est un lieu, mais un moment particulier, parce qu’ils licencient. Le lieu est lié à l’actualité.
-Je parlais davantage dans la manifestation. Est-ce que dans la chronologie de la manifestation, il y a des chansons qui passent plus au milieu, au début, à la fin ?
-Quand on est dans une rue qui résonne bien, on a tendance à monter le son et à mettre une chanson très rythmée. Quand on est dans un espace large, là, la musique, elle faiblit.
-Est-ce que les points précis de la contestation vous semblent suffisamment présents dans les chansons ?
-Aujourd’hui les manifestations, c’est un moyen de gagner. Et c’est pour çà que nous Solidaires, quand on est placé en queue, on n’a pas forcément les mêmes mots d’ordre au même moment. Par exemple, quand on est en queue, et que c’est la fin de la manif, nos mots d’ordre seront grève générale, parce que les autres ne veulent pas faire la grève générale, donc on va essayer de convaincre un maximum de manifestants que c’est la grève générale. Voilà, quand on passe rue de l’Intendance, tout de suite c’est : « de l’argent, il y en a, dans les poches du patronat », parce qu’on cible des lieux riches. Si on passe à St-Michel, c’est travailleurs immigrés, même combat.
-Donc pour conclure, d’après vous les chansons ont-elles plutôt un caractère mobilisateur ou ont vocation à faire passer des messages ?
-C’est plutôt mobilisateur, il n’y a pas de but d’information.
-C’est pourtant un bon moyen pour faire passer des messages, non ?
-Les gens qui sont là, ils sont d’accord avec les messages. Aujourd’hui on se regroupe pour se dire, « putain, on est une force », c’est çà l’objectif des chansons, ce n’est pas à but d’information. La chanson, c’est pour apporter un caractère festif, parce que comme dirait l’autre, on n’est pas des « social-tristes »
Entretien 3
Enquêteur: Lisa Zoder
Enquêtées: Valéry Bardou (E1) et Lydie Delmas (E2)
E1: Si, on chante mais après les chansons ça peut être d’autres copains qui écrivent, ça peut être des syndiqués.
E2: ça dépend des générations (—) on est là en 2010, je crois en 2006 ou 2007 par exemple, pendant plusieurs années il y avait un copain ça lui venait tout seule comme ça les slogans il y a avait presque une façon de penser un peu poétique.
E1 : On les a adaptés. « Les filles de la CGT » on ne l’avait pas dès le début. Après en discutant avec Lydie qui me dit « oui, il y a une chanson faite par des Marseillais », c’est une chanson qui a marché dès le départ dont on avait pas les paroles donc Lydie y a écouté à la maison pour copier les paroles pour après les donner aux manifestants. Mais il y a aussi des chansons qu’on fait tout le temps parce que ce sont les manifestants qui la demandent qui les connaissent par cœur, comme « je cherche fortune ». C’est une chanson qu’on chante à chaque manifestation parce que c’est les salariés c’est les manifestants qui le demandent #00:08:53-3#
E2 : Quand il y a une très, très grande manif, la manif pour les retraites par exemple, là cette fois-ci ce qui est extraordinaire par rapport à depuis des nombreuses années c’est le fait qu’elles étaient très dynamiques de la part de tous les manifestants c’est-à-dire que les manifestants que ce soient les syndicats d’entreprise ou les gens venus en famille soit ils avaient inventé des chansons soit ils avaient quelque chose pour faire du bruit parce qu’ils voulaient manifester le fait qu’ils étaient là. Et c’est ça, pour nous c’est un élément de puissance dans la mobilisation. L’engagement était très, très fort déjà et voulait dire qu’ils voulaient pas cette réforme. #00:11:06-8#
E2 : La c’étaient des mots d’ordre collectifs qui portaient (–) Oui, là quand vous parliez toute à l’heure est-ce qu’il y a des mot d’ordre qui sont communs à tout le monde. Par exemple le 6 novembre il y avait une manif des retraites et c’était également une journée de défense pour le droit à l‘IVG à l’avortement et donc il y avait depuis longtemps une manifestation partout en France des manifestations prévues et donc qui travaillaient avec les syndicats en lien avec la manifestation des retraites. Et donc les collectifs des droits des femmes à Bordeaux avaient fait des chansons fin des slogans pour réclamer le respect au droit de l‘IVG et cætera et que l’on a distribué à tous les syndicats et tous les syndicats en ont repris. Là à un certain moment de la manif, de temps en temps tous les syndicats donnaient l’ordre des slogans sur la retraite de temps en temps, régulièrement durant le temps de la manif tous les syndicats ont dit des slogans pour le droit à l‘IVG et c’étaient tous les mêmes. Donc, ça arrive, ça peut arriver. #00:14:50-2#
E2 : Oui, c’est ça, on sait pourquoi on manifeste, on connaît nos revendications, nos propositions, on sait les dire en trois mot, par exemple taxer les richesses : ta-xer-les-ri-ches-se, ça fait six pieds et tout d’un coup il nous vient une chanson qu’on connaît qui porte six pieds. Le rythme se met sur les mots, ça nous vient comme ça. #00:17:25-4#
E1 : On ne fait pas dans la grossièreté quand même. On l‘évite, on n’aime pas. On n’est jamais dans la vulgarité. Les revendications sont toujours liées à comment fonctionne la CGT, on évite la vulgarité. #00:20:31-4#
E2 : Après ça peut être coquin, mais c’est gentil. C’est aussi dans la tradition des vieilles chansons françaises où il y a des jeux des mots, on fait des jeux des mots dans nos chansons. C’est une très vieille tradition française, les chants révolutionnaires tout ça. Pas seulement d’ailleurs, mais bon tranquillement. #00:21:11-3#
LZ : Pourriez-vous dire qui sont les gens qui décident collectivement? #00:24:38-9#
E1 : Ben, ça peut être des membres du bureau du UD, ça peut être un copain qui a une idée, c’est tout le monde, c’est la CGT c’est des syndiqués, des salaries. #00:24:48-3#
E1 : Souvent on fait un teste sur une manif, parce que ce sont des testes. Par exemple « je cherche fortune » c’est une copine du bureau qui l’a écrit elle nous a donné l’aire on a essayé et c’est une chanson qui a fait toute la réforme des retraites. Et ce sont même des manifestants qui la demandent, qui la chantent, parce que ils la connaissent par cœur, même les enfants. (rit) il y a plein de gens comme ça, ça peut être des hommes, des femmes, c’est très varié ça aussi. Il y a des gens qui sont plus doués que d’autres. #00:25:43-5#
E2 : Bon avec le contenu on sait aussi que ça va aller. On n’est pas dans la vérification, tout est bien ou faux. Ça se passe pas comme ça. Quand quelqu’un nous propose une chanson et puis au milieu, il y a des choses extrêmement grossières et très irrespectueuses, même pour quelqu’un du gouvernement, on a se poser la question « on va laisser ça? » mais en règle générale, ce sont des choses, ça va. #00:26:25-6#
E1 : Ben non, ils chantent, donc après on suit. Nous, on n’impose rien quoi, les deux, voire trois animateurs devant le camion, on n’impose rien, ce sont des manifestants qui commencent à chanter et nous, on les suit. Et puis voilà on leur donne une photocopie. Et oui, bon eux ils choisissent et nous on contrarie pas, au contraire justement les manifestants ils animent. nous on est là pour impulser mais puis on suit ce que les manifestants ont envie de chanter. voilà il y a même des gens qui vont vouloir chanter une chanson et donc on voit avec eux justement parce que on représente une organisation syndicale donc on n’a pas envie qu’ils chantent à notre micro n’importe quoi et n’importe comment. Donc on voit avec le copain qui a envie de chanter et puis on l’autorise à chanter parce que forcement on vérifie plus ou moins quoi, on veut pas de vulgarité que ça soit en a contrario avec notre organisation et nos propositions. Il y avait un monsieur, un retraité qui venait chanter tout le temps, il vient souvent chanter sa chanson il est content et repart, il est ravi d’avoir chanté sa chanson et nous aussi, parce qu‘on lui a fait plaisir. C’est un échange, il n’y a pas de règle du tout au contraire. #00:28:38-4#
E2 : Non, non au contraire, on voudrait bien que ça soit même plus! Il y a vraiment l’idée d’un partage. Oui, c’est un moment de partage, la manifestation, c’est un grand moment de partage. #00:29:12-7#
E1 : Non, non du tout, on chante au feeling. il n’y a pas de règles. Fin, parfois on se repose et on met des chansons. #00:29:55-1#
E2 : Et puis on n’a pas toujours de l’imagination. Moi quand j’étais responsable, j’avais un dossier où je gardais tout des mots d’ordre de toutes les chansons. D’abord parce que je trouve ça très important, ça c’est de la culture. C’est vraiment de la culture au sens propre du terme. C’est une culture populaire d’imagination, d’enthousiasme, de traduction d’une émotion. Et puis des fois, ça m’a rendu service parce que par exemple, quand on a fait une manif sur la réforme des retraits, s’est arrivé que je me replonge dans les chansons qu’on a fait en 2003 lorsque c’était la première reforme, il y a eu une chanson qu’on a repris et d’autres on les a transformées. #00:33:44-0#
E1 : Il y a une dynamique qui s’est créée voilà, ce que moi j’ai remarqué que c’est toujours les mêmes têtes, les mêmes gens qui ont envie de chanter. Les gens qui nous attendent devant le camion qui veulent absolument les paroles. Ben, voilà pour eux c’est vraiment un échange festif. #00:37:53-2#
E2 : Ce qu’il y a vraiment de marquant c’est que cette fois-ci, c’est l’envie, le désir la volonté des manifestants de chanter de crier des slogans justement de faire entendre. Très souvent il y a eu des manifs où les gens suivent, et ceux qui sont derrière le camion sont ceux qui ont envie de chanter mais bon les gens discutent, tandis que là pendant les deux heures des manifs, pendant deux heures, du début à la fin il y avait que des gens qui chantaient et criaient et faisaient du bruit. Là cette fois, il y a eu un dynamisme parmi les manifestants qui était très, très net. Ils en ont même inventé, ça c’est bien. #00:40:15-0#
E2 : Ca s’est très fort, des moments de partage très forts. Il y a une force absolue, c’est incroyable parce qu’on sent qu’on n’est pas tout seul, on est nombreux á partager la même volonté et voilà. #00:41:59-7#
E2 : Et puis bon je trouve aussi, ça va faire un peu prétentieux, mais je ne veux pas le dire dans ce sens-là : Je pense souvent dans les manifs à ce que disait un copain, il ne faut jamais perdre de vue qu’en France le syndicalisme et la CGT qui est née en 1895 au même temps que le cinéma. Et notre mouvement syndical a accompagné des grands moments de bonheur dans la société, comme les congés payés par exemple. Et ça, je crois que ça marque profondément un type de syndicalisme et donc s‘il n’y a pas de chansons, et des slogans, les gens ils trouvent ça pas terrible. Il y a vraiment, il y a profondément ce lien, et puis nous sommes dans la rue pour une revendication.
E1 : Oui, c’est absolument ça, c’est vrai que dans les manifestations par exemple « Je cherche fortune autour de Neuilly » nous on a adopté « à Tourny » et c’est vrai que quand il y a des grandes banques comme la Banque de France systématiquement dès qu’on y arrive on la chante et les gens regardent vers les banques. Oui, il y a des points stratégiques où on chante des chansons adaptées. Pour Alain Jupé quand il est passé ministre, même le parcours a été fait de façon qu’on passe devant la Mairie pour justement qu’on marque notre passage de la manifestation devant la Mairie. Oui, bien sûr c’est stratégique. #00:46:25-1#
E1 : Oui, c’est au feeling, à part dire que à la préfecture on va mettre cette chanson on va passer le CD de Gibraltar, mais parfois on oublie, et on va se dire « on va arriver à la préfecture, on va mettre la disque ». À la fois, on anticipe un certain nombre de choses et puis après il y a le dynamisme du mouvement. Par exemple lors de la manif pour l’IVG on s’adaptait avant l’hôpital St. Andrés puisque à l’hôpital ils ne font plus une intervention pour les IVGs. Donc s’était symbolique. Il y a des moments symboliques où on se place là où on dit des slogans. #00:50:32-0#
E2 : Oui la manif c’est á la fois anticipé, mais il y a beaucoup de spontanéité. Parfois c’est même dans la manif que ça vient le truc. Il y a des étudiants qui ont chanté beaucoup. Fin nous il faut aussi faire attention au risque de la diffamation et puis, ce n’est pas notre truc. Ce qui arrive aussi c’est que quelqu’un d’une entreprise syndiquée ou non, qui vient au micro pour dire des slogans et on lui laisse et puis en fait soient des slogans politiques très partisans, là non plus on n’est pas d’accord. On est au micro d’une organisation syndicale, et on n’est pas au micro d’un camion de parti politique. Ca il faut gérer, mais c’est rare il s’agit plus de gros mots ou il faut faire attention.
Annexe 4: Protocole des observations participantes
Première observation participante : 12.10.2010 à Bordeaux lors d’une
manifestation contre la réforme des retraites.
Nous avons eu une longue conversation avec Jacques Martineau, un syndicaliste de la FSU. Il nous informait qu’il y avait de grandes différences dans la programmation musicale entre les divers syndicats, par exemple, certains diffusent plutôt des sons technos, d’autres du rock. Cette dernière hypothèse nous servira de fil directeur lors de notre première observation participante.
Au cortège du syndicat Sud Solidaires, des chansons humoristiques sont diffusées, également beaucoup de chansons du chanteur français Renaud. À un moment vers la fin de la manifestation, quand le cortège est arrivé à la place de la Bourse où la manifestation finit, ils entament l’« Internationale ». Pourtant, beaucoup de manifestants étaient déjà partis. Nous pouvions cependant observer plusieurs personnes qui chantaient et d’autres qui levaient leurs poings. Vers la fin de la manifestation, on pouvait entendre aussi des chansons aux allures plus pop.
Auprès de la CGT, les chansons diffusées peuvent être classées dans le genre rock. Ce syndicat emploie aussi beaucoup de slogans, comme « public, privé, solidarité, c’est tous ensemble, tous ensemble jusqu’aux retraites ». On trouve pourtant moins de chansons avec des textes modifiés.
Entre les grands cortèges syndicaux, nous avons aussi trouvé un petit groupe avec des accordéons qui faisait de la musique et qui portait des pancartes « On ne fera pas valser les retraites ». Il est donc intéressant de voir que la programmation musicale ne dépend pas uniquement des syndicats, mais qu’il y a aussi des petites fractions autonomes qui utilisent la musique à des fins protestataires.
Dans le cortège de la FO, on peut entendre surtout de la musique reggae. En plus, nous avons réussi à récupérer une feuille avec les mots d’ordre de la CFDT. Cela nous permettra d’analyser les contenus des chansons.
Deuxième observation participante : 16.10.2010 lors d’une manifestation à l’appel des syndicats contre la réforme des retraites.
Lors de cette manifestation nous avons axé nos observations sur la question de la programmation musicale des syndicats, nous nous intéressions tout particulièrement à l’hypothèse selon laquelle il y a une variation de la musique selon les différents lieux de la manifestation. C’est-à-dire qu’il y aurait une typologie musicale : à certains lieux symboliques seraient associés une musique particulière.
La manifestation a suivi l’itinéraire suivant : le départ place de la Victoire, plus tard en passant devant les sièges des partis politiques, l’hôtel de ville, le cour d’Albret puis les quartiers plus chics, notamment l’allée de Tourny, et enfin la place de la Bourse. Il s’agit donc de faire attention à la programmation à ces lieux définis a priori comme lieux clés.
Étant donné la variété des syndicats et même la diversité au sein de certains syndicats, nous avons put observer une multitude de camions-enceintes. Cela étant, il est difficile de changer de syndicat à syndicat, il est donc plus intéressant de comparer la programmation auprès du cortège d’un syndicat.
À la CGT, au début de la manifestation, on fait chanter aux manifestants des slogans, comme « Public, privé, actifs, chômeurs et retraités, c’est tous ensemble qu’il faut lutter, c’est tous ensemble qu’on va gagner » dans la première phase, les chansons à parole sont donc un peu négligées.
En passant par l’Hôtel de Ville, le bruit du fond augmente, mais on ne pouvait pas observer une véritable variation des chansons. En plus, en traversant l’Hôtel de Ville, c’étaient plutôt des slogans qui étaient scandés. Quand on arrive dans les quartiers aisés, on peut observer que ce sont les mêmes chansons que celles qui sont chantées au cours de la manifestation en général.
On peut donc en conclure qu’au niveau des contenus, il n’y a pas de différence dans programmation musicale. Cela peut être lié au fait que des tracts ont été diffusés au début contenant seulement trois chansons. Chanter d’autres chansons pourrait perturber les manifestants et pourrait donc avoir comme effet une ambiance plus calme qu’en chantant des chansons déjà connues par le public. Coude à coude on peut aussi dire que lors du début de la manifestation et en passant devant l’Hôtel de Ville, le niveau sonore semble plus élevé, mais il s’agit plutôt d’une impression et ne suffit pas en soi à confirmer notre hypothèse du début. En d’autres termes, une meilleure ambiance a plusieurs causes qui ne peuvent se ramener à un seul changement de paroles.
Simultanément nous nous intéressons à la programmation musicale, on peut d’ailleurs dire que la CGT, diffuse par les camions surtout de la musique festive correspondant au genre house. Ce qui est intéressant c’est que dans la plupart des cas, les chansons ne sont pas jouées en entier, mais les responsables de la programmation choisissent des remix ou jouent seulement une strophe et le refrain de la chanson. Il s’agit notamment de chansons très connues comme « Everybody’s free » ou « Call on me ». On peut noter que les chansons sont souvent interrompues par des slogans. Auprès de la « CFDT » les chansons sont aussi festives, mais rentrent plus dans une catégorie commerciale qui se rapprocherait des chansons diffusées sur les grandes radios musicales.
Ce qui est aussi intéressant c’est que les chansons diffusées des syndicats sont en gros les mêmes que lors de la dernière manifestation.
Annexe 5: Nos chansons scandées
Les versions studios sont accessibles sur cette page : HYPERLINK « http://www.myspace.com/557949338″http://www.myspace.com/557949338
Yesterday – Nos retraites
Nos retraites, elles ne bougeront pas d’une jota
Rien ne sert d’insister, on lâchera pas
Pour nos retraites
Sarkozy, nos retraites t’y toucheras pas, ,
On ne te laissera pas faire mon petit
Oh oui, j’y crois en nos retraites.
Le chanteur
Je me présente, je m’appelle Eric,
Je voudrais bien reformer les retraites,
Mais je peux pas
Etre beau, faire plaisir à Xavier Betrand
Et surtout rester au gouvernement
Mais pour faire ça il faudrait que j’arrête de frauder
I got a feeling
Que Sarko aujourd’hui tu vas prendre (x 10)
Cette réforme ne passera pas